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Un BLOG de la Rédaction
du Journal SUD OUEST

Girondins 2008-2009
Dans les coulisses du club bordelais avec la rédaction sportive de “Sud Ouest”

Interview de Laurent Blanc

Laurent Blanc, entraîneur des Girondins de Bordeaux, interviewé jeudi 7 août 2008 par la rédaction sportive du journal “Sud Ouest”

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Laurent Blanc : “Un métier de fou” (”Sud Ouest” du samedi 9 août 2008)

Larent BLANC rencontre (4556768)

photos Thierry David

Reprise du championnat avec Bordeaux-Caen. Laurent Blanc, l’entraîneur des Girondins, est l’invité de la rédaction de “Sud Ouest”, le jeudi 7 août 2008. Il évoque son métier et ses ambitions pour la saison

retrouvez également une partie de l’interview en vidéo en cliquant ICI

Blanc et la réussite.

« Sud-Ouest ». Il y a un an, le jeune entraîneur que vous étiez arrivait à Bordeaux dans l’inconnu. Un an plus tard, c’est l’état de grâce. Vous attendiez-vous à pareille réussite ?

Larent BLANC rencontre (4550175)On fait ce métier pour ça. Bordeaux m’a donné l’opportunité d’être entraîneur. C’est une chose que je voulais, pour laquelle j’avais pris le temps de me préparer. J’ai pu démontrer que je pouvais exercer ce métier. Ce n’était pas évident. Il y avait des interrogations au sujet de mon inexpérience. Je suis reconnaissant envers les dirigeants des Girondins de n’avoir jamais évoqué ce sujet au cours des négociations.
« Sud-Ouest ». À quoi attribuez-vous cette réussite ?

Larent BLANC rencontre (4550172)Un entraîneur n’est rien sans ses joueurs. J’avais déjà ce sentiment quand je jouais. C’est vrai qu’un entraîneur est important, pour donner une ligne directrice, une philosophie de jeu, des règles de comportement. Il montre la voie à suivre mais il n’est pas sûr qu’il aura l’adhésion du groupe. Quand je suis arrivé, il y avait un effectif de qualité. Les résultats, ce sont les joueurs qui les obtiennent mais l’entraîneur a sa part de responsabilité, dans les bons résultats comme dans les mauvais.
« Sud-Ouest ». Ce métier, c’est votre truc ?

Larent BLANC rencontre (4550171)C’est mon truc mais je ne le ferai pas longtemps. J’ai pris le temps de passer mes diplômes. Cela m’a pris trois ans et demi. Ce n’est pas rien, car j’aurais très bien pu, comme certains, travailler sans. Mais mon parcours de joueur et le fait d’avoir rencontré beaucoup d’entraîneurs avaient rendu les choses assez floues dans mon esprit. Passer mes diplômes m’a permis de classer tout ce que j’avais pu emmagasiner dans ma carrière.
« Sud-Ouest ». Pourquoi pas longtemps ?

Larent BLANC rencontre (4550170)Parce que c’est un métier de fou. Et il n’y a pas de reconnaissance, si ce n’est ponctuellement. Les mauvais résultats gomment tout très vite. Mais ce n’est pas parce que l’on obtient de mauvais résultats que l’on ne fait pas bien son métier. Les bons résultats ne prémunissent pas contre le danger ; il y a des exemples très précis (1)

Blanc et le championnat.

« Sud-Ouest ». La victoire contre Lyon lors du Trophée des champions prouve-t-elle que vous pouvez devancer le champion de France ?

Larent BLANC rencontre (4550169)Par rapport aux deux grosses défaites que l’on avait concédées la saison passée, on a rectifié le tir. On s’est améliorés dans certains domaines, ce qui nous a permis, sur un match, de rivaliser. Mais le championnat, c’est 38 matches. Pour nous, ce sera beaucoup plus dur car nous faisons partie de ceux qui peuvent chatouiller Lyon. Nous assumons ce statut. Mais si on doit avoir tendance à jouer un peu les sénateurs, par rapport à notre réussite de l’an dernier, on aura de gros problèmes, notamment contre les équipes de statut inférieur. Ma crainte se situe là.
« Sud-Ouest ». Pourquoi Lyon demeure-t-il à vos yeux le principal favori ?

Larent BLANC rencontre (4550168)Parce que cette équipe a un effectif riche en qualité et en quantité. Elle a l’expérience nécessaire pour gérer des situations délicates. Son nouvel entraîneur va lui apporter la rigueur qui lui manquait ces deux dernières années. Et je n’évoquerai même pas la raison économique !
« Sud-Ouest ». Hormis Bordeaux, quels sont les outsiders ?

Larent BLANC rencontre (4550175)Marseille. Saint-Étienne me paraît assez ambitieux dans sa dynamique de fin de saison dernière. PSG ? Cela fait deux ou trois ans que ce club vit des saisons très difficiles.
Mais il a effectué un recrutement qui me paraît assez judicieux sur des joueurs expérimentés qui vont lui apporter une qualité et une sérénité de jeu.
« Sud-Ouest ». Ce qui veut dire que la deuxième journée de championnat sera déjà un tournant ?

Larent BLANC rencontre (4550172)Non… Un PSG-Bordeaux, c’est un match intéressant à jouer, une affiche. Mais des tournants, il y en aura 38. On va perdre des matches, on va en gagner. Au début, il n’y a pas un adversaire plus facile qu’un autre.
Blanc et le public
« Sud-Ouest ». Attendez-vous plus d’engouement de la part du public bordelais ?

Larent BLANC rencontre (4550171)Oui, c’est impératif. Si le club veut grandir, avec ou sans moi, il faudra qu’il y ait un engouement supérieur. Je ne suis d’ailleurs pas certain que le stade soit vraiment propice à faire venir les gens. Tout le monde est unanime pour dire que les stades doivent être une source de revenus pour les clubs. Mais qui les finance ? À l’étranger, on trouve des investisseurs privés et, en trois ans, on construit une enceinte. En France, le temps que l’on trouve l’argent et l’endroit, il y en a au moins pour dix ans. Et à Bordeaux, ce n’est pas à l’ordre du jour.
À travers Bordeaux, on reconnaît le problème du foot français. J’excepte Saint-Étienne et Marseille, Lens dans un autre contexte. À Marseille, les gens aiment le football. C’est un vecteur essentiel de la vie. Ici, c’est le vin, pas le football. Il ne faut pas croire que notre retard n’est qu’économique. C’est un retard au niveau de la culture du football, et Bordeaux est l’exemple type. C’est une réalité. Et ça, on ne pourra pas s’en affranchir. À Manchester, un gamin de 2 ans a déjà l’abonnement dont il bénéficiera quand il sera majeur. Là-bas, que vous jouiez un match amical, un match de charité ou un match de Champions League, vous avez toujours 75 000 spectateurs. À Bordeaux, vous jouez un quart de finale de Coupe de France, il y a 7 000 personnes au stade ! Je n’en veux pas aux Bordelais, c’est comme ça. Je suis conscient qu’à Bordeaux, on n’a pas forcément besoin de football pour vivre.

Blanc et l’avenir.

« Sud-Ouest ». Nourrissez-vous des envies d’ailleurs ?

Larent BLANC rencontre (4550170)J‘ai de l’ambition. Mais pour l’instant, j’ai vécu l’expérience de l’an dernier à 120 %. Ce sera encore le cas cette année. Et l’on verra bien ce qui se passera la saison prochaine… si je termine la saison ! L’étranger ne me manque pas plus que cela.
Je suis assez français dans l’âme. De toute façon, il est difficile pour un Français d’aller entraîner un club étranger.
« Sud-Ouest ». Peut-on rêver vous voir prendre la succession d’Alex Ferguson ?

Larent BLANC rencontre (4550169)Mais il est encore là pour un moment ! Ce n’est pas d’actualité : il n’est pas prévu qu’il parte. Alex Ferguson a beaucoup plus un rôle de manager que d’entraîneur. Le coach, c’était Carlos Queiroz. Le manager se laisse vraiment de l’énergie pour être bon le jour du match, car c’est le moment important. C’est un peu ce que je recherche avec Jean-Louis Gasset à Bordeaux.

Bordeaux et la ville.

« Sud-Ouest ». Comment le Méditerranéen que vous êtes s’est-il adapté à la vie bordelaise ?

Larent BLANC rencontre (4550168)Je savais où se situait Bordeaux mais ne connaissais ni la ville ni la région.
Sa découverte fut une bonne surprise. L’intérieur de Bordeaux est assez plaisant. J’ai découvert les quais, je trouve que c’est très beau. La vie bordelaise me plaît énormément. Il est vrai qu’il est difficile de ne pas se plaire à Bordeaux (sourire). La mentalité méditerranéenne, je la trouve un peu excessive.
En revanche, la mentalité bordelaise me convient. Je suis assez discret et les Bordelais ont une attitude assez réservée à mon égard.
Je me suis offert la Route des vins. Je suis amateur basique de vin. Je ne suis pas assez qualifié pour faire la différence entre un médoc ou un saint-émilion, mais je reconnais un bon vin. Je ne suis pas très ville.
J’aime bien avoir un peu d’espace. Je prends du temps pour jouer un peu au golf. Je pose mes enfants à l’école et je vais à Pessac ou au Pian-Médoc. Le golf m’aère la tête.
(1) Laurent Blanc parle d’Alain Perrin, l’ex-entraîneur de Lyon.





11 août 2008 - 1 commentaire
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Saison 2008-2009 : voilà les nouveaux maillots!

Les Girondins ont dévoilé sur leur site internet (girondins.com) les maillots de la saison 2008-2009. La tunique marine évolue, le scapulaire étant stylisé par un double chevron blanc. Elle reste sobre et élégante, tout comme la blanche, pour les matches à l’extérieur. En revanche, le textile prévu pour la coupe d’Europe change du tout au tout. Fini le noir, le kaki ou l’or, place au marine et rose ! Ce maillot est barré d’une large bande rose verticale, elle-même traversée par le scapulaire rose sur fond marine et marine sur la bande rose ! Voilà qui risque de heurter les supporters qui n’avaient déjà pas beaucoup apprécié l’ensemble or porté la saison dernière lors des sorties européennes!

On ne trouve pour l’instant que le maillot marine dans les boutiques des Girondins. On peut cependant commander les trois sur le site internet du club.

Maillot domicile
Les maillots de la saison 2008/2009
Maillot domicile Maillot exterieur Troisième maillot


Que pensez-vous des nouveaux maillots, et en particulier du marine et rose? Postez vos réactions dans les commentaires!

4 juillet 2008 - 15 commentaires
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Ca bosse fort au Haillan

t.vautrat@sudouest.com

Deuxième jour d’entraînement pour les Girondins ce matin, sous une chaleur plus lourde, plus intense que la veille. La séance débuta par un petit footing, suivi de quelques étirements. Puis, les joueurs s’affrontèrent en trois toros, avant d’entamer un travail de vitesse en deux ateliers. S’en suivit une petite opposition, pour travailler le jeu de passes.
A noter que tous les joueurs ont subi lundi, sous la vigilance de Laurent Labbé, le cardiologue du club, une écographie du cœur, ainsi qu’un électrocardiogramme. Le premier examen vise à déceler une éventuelle anomalie physiologique, le deuxième une anomalie de fonctionnement. Les deux recrues du club, Yoann Gourcuff et Yoan Gouffran, ainsi que Jussiê passent cet après-midi un test d’effort, au centre de rééducation du Château Lemoine, à Cénon. Test nécessaire pour connaître la limite quant à la fréquence et la dose des entraînements de ces joueurs, pour éviter le stress physiologique.
Les Girondins s’entraîneront encore ce soir au Haillan, puis demain matin, avant de prendre la route d’Anglet où les attend un programme de trois entraînements quotidiens !

1 juillet 2008 - 1 commentaire
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Girondins : Premier entraînement (”Sud Ouest” du mardi 1er juillet 2008)

GIRONDINS DE BORDEAUX. Les Bordelais, pratiquement au complet, ont repris l’entraînement hier, sous la chaleur d’un soleil estival, avec les deux recrues en vedettes, Yoann Gourcuff et Yoan Gouffran

 

LES PHOTOS. Cliquez ici pour l’album du premier entraînement de la saison 2008-2009



Sous les promesses du ciel

 

reprise entrainement photo fabien cottereauUne reprise d’entraînement, a fortiori sous la lumière éclatante d’un soleil estival, est toujours un moment souriant. C’est une journée rare où les hommes savourent le plaisir de se retrouver, c’est un instant riche de belles promesses, face à l’avenir d’une saison aux échéances excitantes, inscrites sur la blancheur de bilans encore vierges. Et quand, à l’horizon, se dessinent les échéances de la Ligue des Champions, on goûte la fierté d’appartenir à un cercle de privilégiés, en mesurant son envie d’en découdre au plus vite dans les ambiances fiévreuses.
C’est donc avec plaisir que les Girondins se sont réunis hier matin sous le soleil du Haillan pour leur tout premier entraînement de la saison. Ils ont retrouvé un Laurent Blanc, fidèle à ses méthodes, empreintes de fermeté et appuyées sur la compétence de ses adjoints, Eric Bédouet, Dominique Dropsy, et Jean-Louis Gasset.
Hormis Marouane Chamakh qui ne rentrera que le 5 juillet et Fernando Cavenaghi le 15, ils étaient tous là, 24 joueurs en marine, avides de transpirer dans la chaleur du matin, dont les deux recrues de l’intersaison, Yoann Gourcuff et Yoan Gouffran, ces deux hommes porteurs de tant d’espoirs. Pas un ne manquait. Il est vrai que dans cette saison compétitive qui s’esquisse, la concurrence sera vive aux Girondins et que dans ce contexte, il importe d’être à la fois ponctuel et déterminé à réussir.
Les hommes vécurent une reprise traditionnelle, avec un petit footing d’une vingtaine de minutes, puis un travail de passes et de contrôle du ballon, suivi d’une petite opposition. La séance de l’après-midi fut consacrée à de ludiques activités, avec un jeu de balle à la main, suivi d’une opposition à onze contre douze, sur un quart de terrain et quatre buts.


Un groupe bonifié. Laurent Blanc, qui avait pris part au footing du matin, observa tout cela l’air très détendu. Sans doute mesurait-il le chemin parcouru depuis sa prise de fonction la saison dernière quand il n’avait pu diriger qu’un groupe de 14 joueurs, enrichi de quelques membres de l’équipe réserve. Il n’imaginait pas alors qu’il finirait deuxième du championnat derrière l’OL.
Aujourd’hui, il se retrouve à la tête d’un groupe qu’il a façonné, à partir de la base que lui avait léguée Ricardo. Un groupe renforcé et bonifié, qui porte en lui l’évidence d’un vrai potentiel. Un groupe complémentaire et équilibré, aux postes doublés, qui doit permettre à Bordeaux d’honorer son statut en championnat de France et de proposer autre chose que de la simple figuration en Ligue des Champions.
Pour autant, au Haillan, on observe une certaine prudence sur le sujet des objectifs du club. Ce n’est évidemment pas le genre de la maison de claironner que l’on va jouer pour le titre de champion de France. Mais, compte tenu de la brillante saison vécue sous la compétence de Laurent Blanc, compte tenu des espoirs que suscite l’arrivée de Yoann Gourcuff et de Yoan Gouffran, les supporters comprendraient mal de ne pas pouvoir en découdre pour l’une des trois premières places de la L1.


Expérience en plus. « Je préfère parler d’ambition plutôt que d’objectifs », glissa Jean-Louis Triaud au cours de la conférence de presse. Si l’on définit un objectif et que l’on ne parvient pas à l’atteindre, on parlera d’échec. Il est évident que l’on a très envie d’être champion. Mais? »
Reste la Ligue des Champions où l’objectif sera de faire meilleure figure que lors de la saison 2006-2007. « La dernière fois, nous avons été un peu timides. Il est vrai que nous étions tombés contre des équipes très fortes », expose le président. « Mais nous avions quand même marqué sept points. Cette fois, l’équipe a pris de l’expérience, on peut penser qu’elle va jouer plus libérée. Cela dit, nous figurerons de toute façon dans le troisième chapeau. Cela signifie que nous affronterons au moins deux adversaires très forts. J’espère que l’on saura prendre des points et surtout, que l’on jouera nos chances à fond. »
Les Girondins s’entraîneront deux fois au Haillan aujourd’hui, puis ils partiront à Anglet pour un stage d’une dizaine de jours, stage conclu par le match amical contre Ajaccio, le 11 juillet à Biscarrosse.

 

:Thierry Vautrat

PHOTO : Fabien Cottereau


 


 

1 juillet 2008 - Aucun commentaire
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Les Girondins au boulot


t.vautrat@sudouest.com

Après quatre semaines de vacances, les Girondins ont repris l’entraînement ce lundi sous le soleil du Haillan, avec bonne humeur et entrain, sous l’autorité de leur entraîneur, Laurent Blanc, qui n’était pas le dernier à chambrer ! A l’exception de Chamakh et Cavenaghi, qui bénéficient de quelques jours de repos supplémentaires, pour avoir consacré le début de leurs vacances à leur sélection, tous étaient là. A croire que les avions qui viennent d’Amérique du Sud ne connaissent plus leurs problèmes de retard habituels! Le jeune Marocain rentrera le 5 juillet, l’Argentin le 15. L’événement du jour, c’était bien sûr la présence des deux recrues du club, Yoan Gourcuff et Yoann Gouffran. Le premier portera le numéro 20, le second a repris le numéro 7 de Johyan Micoud. A noter enfin, qu’au groupe pro s’étaient joint deux joueurs du groupe de CFA, Matthieu Saunier et Grégory Sertic.
La séance du matin fut consacrée à un footing, suivi d’un travail de passes, puis d’une petite opposition à 12 contre 12. Les Bordelais s’entraîneront encore ce mardi au Haillan, puis partiront mercredi pour un stage de dix jours à Anglet.

Girondins : finies les vacances (”Sud Ouest” du 30 juin 2008)

REPRISE. Ulrich Ramé et ses camarades reprennent l’entraînement ce matin à 10 heures au Haillan

Finies les vacances !

girondins marseille 1

Reprise. Comme l’an dernier, les Girondins d’Alou Diarra affronteront l’Olympique de Marseille en match amical PHOTO ARCHIVES NICOLAS LE LIEVRE

 

 

C’est l’heure de la reprise pour les Girondins, qui se présenteront à Laurent Blanc leur entraîneur ce matin à 10 heures sur la plaine du Haillan. Finis donc le farniente, les soirées barbecue et tous les plaisirs d’un bon mois de vacances. Place aux rigueurs de l’entraînement sous la chaleur, pour tenter de retrouver une forme de compétiteur et être prêt pour la reprise du championnat, le 9 août face à Caen.
On imagine que tous les joueurs seront heureux de se retrouver, à la veille d’une saison qui leur réserve un programme excitant, avec une participation à la Ligue des Champions. Eux nourriront sans doute l’envie de confirmer leur statut et leur belle année sportive, pour fournir une opposition encore plus piquante au septuple champion de France, l’Olympique Lyonnais.
Alors, cette double séance de reprise (10 heures et 17 heures) offrira aux supporters de découvrir sous les promesses du soleil de ce lundi les deux recrues de l’intersaison, les deux « YGour2F », Yoann Gourcuff et Yoan Gouffran, qui remplacent David Jemmali et Johan Micoud. Les deux hommes tiendront la vedette dans cette première journée, qui permettra également de découvrir le visage des nouveaux joueurs pros de l’effectif, à savoir Abdou Traoré, Floyd Ayité et Cheikh Diabaté, ces élèves de Patrick Battiston, jugés aptes à évoluer chez les grands. On ne verra pas, en revanche Wilfried Moimbe, le buteur de Panionios, prêté à Reims.


Cinq matches amicaux. Il ne devrait donc manquer que Fernando Cavenaghi et Marouane Chamakh. À ces deux-là, retenus en sélection début juin pour quelques matches éliminatoires du Mondial 2010, avec le Maroc et l’Argentin, le Cévenol a accordé quelques jours de vacances supplémentaires. Mais tous les autres seront là, si les habituels problèmes d’avion ne viennent pas perturber le retour des Sud-Américains.
Les Girondins travailleront pendant deux jours au Haillan, puis partiront en stage à Anglet du 2 au 11 juillet, Laurent Blanc devant honorer le lendemain au Stade de France le match de célébration du 10e anniversaire de la victoire en Coupe du Monde.
Enfin, comme il l’avait fait l’année dernière, l’entraîneur bordelais emmènera ses hommes en Bretagne à Dinard, pour cinq jours de travail, du 28 juillet au 1er août. Il sera alors temps de se frotter à l’Olympique Lyonnais à Chaban-Delmas, pour le trophée des Champions. Une ultime répétition avant la reprise du championnat, une semaine plus tard avec la visite de Caen. Entre-temps, Bordeaux aura disputé cinq matches amicaux, face à des adversaires lui permettant une intéressante montée en puissance, Ajaccio, Châteauroux, Marseille, Toulouse et Rennes.

:Thierry Vautrat


Girondins : Les années 2000

LES ANNÉES 2000. Ulrich Ramé, le gardien girondin, a été champion de France et a gagné deux Coupes de la Ligue. en dix ans à Bordeaux, il a presque tout connu et ne regrette rien, pas même d’y être resté


Témoin d’une évolution

:Julien Duby


rame

Les années 2000, il ne s’en souvient pas. Il les vit encore. Ulrich Ramé restera certainement dans l’histoire des Girondins, mais plus tard. Pour l’instant, le gardien des Marine et Blanc est un capitaine du présent, même s’il reste sur l’une de ses pires soirées en 10 ans dans les cages bordelaises, samedi dernier à Caen (0-5).
En 1997, Ulrich Ramé est inconnu lorsqu’il arrive d’Angers. « J’étais titulaire en D2 et en National, et je venais à Bordeaux comme doublure de Stanley Menzo. Bordeaux, c’était un choix très réfléchi. Un staff solide, avec Dropsy pour les gardiens, une histoire, un palmarès et une équipe en plein renouveau après la vague de départs consécutive à la Coupe d’Europe. J’avais un contrat de quatre ans, mais je m’étais fixé deux saisons pour convaincre et gagner ma place.”« Ce club a une histoire, un palmarès, je suis fier d’en faire partie »

Il n’aura attendu que trois mois, le temps pour Menzo d’amuser la galerie par ses boulettes à répétition. Ramé tient sa chance et la saisit. « J’étais en confiance et l’équipe gagnait. Puis il y a eu le match à Aston Villa, en Coupe UEFA. » Ce jour-là, Bordeaux perd (0-1, après prolongations), mais Ramé est héroïque. « L’impact médiatique a fait le reste. Sans le savoir, j’étais parti pour un long bail. » Et pour dix ans de fidélité aux Girondins, pour finir par en devenir le taulier. Dix ans ? C’est cinq entraîneurs : Guy Stephan, Elie Baup, Michel Pavon, Ricardo et Laurent Blanc. « Cinq rencontres intéressantes humainement? » Pour connaître son préféré, on repassera.
Un brin de nostalgie. Parler des années 2000 avec Ramé, c’est un peu court. C’est surtout oublier un peu vite qu’il était déjà là pour le titre de 1999. Et qu’il peut aujourd’hui témoigner d’un vrai changement d’ambiance, au club comme dans le football en général. À 35 ans, Ulrich Ramé a forcément plus de potes retraités que dans la classe biberon des Girondins. Nostalgique le gardien bordelais ? Un brin. « L’année du titre, il se passait quelque chose de très fort humainement entre nous. Après les matches, on n’avait pas besoin de s’appeler, on savait toujours où se retrouver, cela se ressentait sur le terrain. »
Mais la belle dynamique ne s’est pas poursuivie comme attendu. « On a sans doute loupé le coche pour lancer une période fastueuse, lorsqu’on jouait avec Pauleta, Dugarry, Roche, Smertine, Grenet, Saveljic? Le club aurait pu en profiter pour grandir. Et finalement le règne le Lyon a commencé? » laissant à Bordeaux quelques miettes : une deuxième place en 2006 et deux coupes de la ligue (2002, 2007).
Remise en question. Des lots de consolation que Ramé n’évoquera même pas le temps d’une conversation de 20 minutes. Peut-être parce que le gardien des Girondins n’y a pas trouvé la même étincelle qu’avec le titre. « L’économique a vraiment pris le pas sur le reste dans le football » résume-t-il. D’ailleurs, il n’en fait pas mystère, lorsque Bordeaux a failli descendre en Ligue 2 en 2005 (« sur une spirale de blessures et de manque de réussite »), l’inquiétude a gagné le vestiaire, « parce qu’on ne savait pas ce qu’une descente pourrait provoquer sur nos situations personnelles, nos salaires. Les joueurs qui étaient là n’étaient pas venus pour jouer le maintien. À Bordeaux, on vient pour les grands matches, pour l’Europe. Mais cette expérience nous a sans doute servis. Elle nous a appris à galérer et a permis à quelques jeunes de s’aguerrir. »
Ramé aurait pu quitter les Girondins. Il n’en a jamais fait mystère. Ses contacts avec Marseille, notamment, auraient pu aboutir. Aujourd’hui, rien n’est encore figé. « Contrairement à ce que peuvent laisser penser mes dix ans à Bordeaux. Chaque jour, c’est une remise en question. Je n’ai pas l’impression d’être là comme une évidence. Je ne sais pas où et comment je finirai. Mais je n’ai et je ne veux avoir aucun regret sur ce que j’ai vécu ici. Partir ? J’y ai réfléchi. Mais à chaque fois je me suis dit : attends, tu es à Bordeaux. Ce club a une histoire, un palmarès, je suis fier d’en faire partie. »



Ulrich Ramé

Né le 19 septembre 1972 à Nantes
Taille : 1,87 m. Poids : 83 kg
Poste : Gardien de but
Clubs successfifs : Angers (1991-97); Bordeaux depuis 1997
Sélections : 12 (1re le 9 juin 1999, Andorre-France, 0-1).
Palmarès : Vainqueur de la Coupe des Confédérations 2001; vainqueur du Championnat d’Europe 2000; champion de France 1999; vainqueur de la Coupe de la Ligue 2002, 2007.


Les années 2000-07

1999-2000 : 4e

2000-01 : 4e

2001-02 : 6e, vainqueur de la

Coupe de la Ligue contre Lorient (3-0).

2002-03 : 4e

2003-04 : 12e

2004-05 : 15e

2005-06 : 2e

2006-07 : 6e , vainqueur de la Coupe de la Ligue contre Lyon (1-0).

Les grandes figures

Ramé (g); Jemmali, Planus,

Afanou,Mavuba, Fernando,

Faubert, Savio,Chamakh,Denilson,

Darcheville, Pauleta.


beckham

pauleta
equipe 2000


Les années 2000. La Ligue des Champions et le Manchester United deDavid Beckham débarquent à Bordeaux au début de l’année 2000; Le buteur Pauleta, surnommé l’aigle des Açores, a marqué l’histoire des Girondins en remportant la Coupe de la Ligue 2002, exploit réédité par la génération 2007 des Rio Mavuba, Faubert, Chamakh, Planus, Darcheville… PHOTOS ARCHIVES SUDOUEST


4 décembre 2007 - Aucun commentaire
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Girondins : Les années 90

LESANNÉES 90. Bixente Lizarazu a connu cette décennie où le club est passé par tous les états avec deux moments clefs : la descente en 2e Division et un parcours européen particulièrement brillant

De la Division 2 au titre

:MichelMeunier

lizarazu

Dimanche, Bixente Lizarazu sera bien loin de ce 2000ematch des Girondins enDivision1. Il est en effet parti à Hawaï cultiver sa deuxièmepassion, le surf, à l’occasion d’un tournage pour Canal +. Il aura quand même une petite pensée pour ce club qui est resté essentiel dans son coeur. C’est là qu’il a débarqué à14ans en 1984. Les recruteurs girondins avaient remarqué le grand potentiel de ce jeune joueur éduqué par les Eglantins à Hendaye.

Le centre de formation des Girondins allait finir de modeler le garçon qui faisait son entrée dans le grand bain professionnel en novembre 1988. Plein de rêves et d’ambitions. Qui vont se réaliser dans ces années 90, époustouflantes pour le Basque, mais qui vont démarrer par une sévère désillusion.

Quand on demande à Bixente le souvenir le plus marquant de ces années, c’est la descente en deuxième division en 1991 qui vient en premier. « Cela a été pour moi un moment difficile. Je commençais à peine ma carrière professionnelle et c’était dur à accepter. D’autant que j’étais au bord de l’équipe de France. Quand on t’annonce que tu vas jouer en D2, le plan de carrière est sérieusement mis en difficulté. Après avoir  goûté au caviar on doit se contenter du ragoût. »

Mais ce qui a gravé dans sa mémoire ces mois interminables avant la remontée, c’est l’esprit qui a animé cette formation de relégués.

«Quasiment tout le monde est resté, insiste Bixente. On a été très solidaires et on s’est battu pied à pied. Voilà pourquoi ce moment est fort pour moi. »

Dans son palmarès qui est un des plus extraordinaires du football français (en club ou en équipe de

France, il a tout gagné) figure le titre de champion de 2e Division en 1992. « J’y tiens, insiste Bixente. Ce titre a une autre valeur que le prestige. Cela paraît peut-être ridicule mais pas pour moi. Nous avons vécu une aventure humaine très forte. Mentalement il fallait être là et nous y étions. Avec le recul, j’en ressens beaucoup de fierté. »

«Un truc de fou ». Après les bas, les hauts dans les souvenirs du Basque. Et cette année 1996, débutée en Coupe Intertoto et terminée en finale de la Coupe UEFA. « Les phases finales sont pour moi un immense souvenir, explique Bixente. Le plus énorme dans cette aventure a été le quart contre le Milan AC. On avait perdu là-bas 2-0 et on gagne à Lescure 3-0. Je n’ai jamais connu un match aussi fort en terme d’ambiance et de communion avec le public. C’était électrique, un vrai bonheur. Les sensations, les émotions, c’était un truc de fou. L’euphorie générale.

Sur le plan sportif, ce n’était pas mal non plus, car on n’avait pas des peintres en face, c’était le vrai Milan, au top de son art. » Quant à la finale contre le Bayern de Munich« elle ne m’a pas laissé un immense souvenir » dit-il en précisant : «C’était mon dernier match avec Bordeaux et je suis sorti prématurément sur une civière ».

Un match qui a pourtant fait basculer Bixente vers l’autre club de sa vie. «Cela ne s’est pas fait de suite et c’est habituel à Munich, mais je sais que c’est depuis ce match qu’ils m’ont suivi » confie-t-il.

Liza le fidèle. Son bref passage à Bilbao et ses piges express à Marseille ne l’intéressent pas. « Je ne connais que deux clubs : Bordeaux (12 ans) et le Bayern (9 ans). J’en ajouterai un troisième : l’équipe de France ».

Un attachement qui plonge profond dans les racines si l’on en croit cette anecdote qui a aussi marqué les années 90. «Un jour, raconte Liza, ils ont voulu nous faire jouer en bordeaux pour rappeler le vin. Ça m’a gonflé. Cela n’a pas duré longtemps, c’était ridicule. Les Girondins, c’est marine et blanc avec le scapulaire, il y a des emblèmes qu’on ne laisse pas tomber. Imagine-t-on les Blacks autrement qu’en noir avec la fougère ? Ils ont joué une fois en gris,mais cela ne leur a pas porté bonheur…»

Malgré ces multiples activités, Bixente suit de loin les Girondins dont il reste un fervent supporteur. Il garde aussi des contacts privilégiés avec quelques anciens comme Pierrot Labat, Jean-Luc Dogon ou Patrick Battiston. Au fait, le 5-0 de Caen, ça lui a fait mal ? «Cela fait partie de la vie d’un footballeur, dit-il. Un jour sans. J’apprécie beaucoup Laurent Blanc et je sais que l’équipe rebondira. » Au fait Caen est la première équipe qu’il a rencontrée en tant que professionnel le 12novembre 1988. Et les Girondins avaient perdu 3-0…




BixenteLizarazu
Né le 9 décembre 1969
à Saint-Jean-de-Luz
Taille : 1,69 m. Poids : 69 kg
Matches de L1 : 260
(22 buts)
Sélections : 97 (2 buts)
Clubs successifs : Bordeaux
(1988-96), Bilbao (1996-97),
BayernMunich (1997-2004),
Marseille (2004-janvier 2005),
BayernMunich (2005-06).
Palmarès : Champion du
monde 1998; vainqueur de la
Coupe des Confédérations
2001, 2003; champion
d’Europe 2000; vainqueur de

la Coupe Intercontinentale
2001; vainqueur de

la C1 2001;
champion d’Allemagne 1999,
2000, 2001, 2003, 2005, 2006;
vainqueur de

la Coupe
d’Allemagne 1998, 2000,
2003, 2005; vainqueur de la
Coupe de

la Ligue 1997, 1998,
1999, 2000; champion deD2
1992 (Bordeaux); finaliste de la
Super Coupe d’Europe 2001;
finaliste de

la C1 1999; finaliste
de

la C3 1996 (Bordeaux).


Lesannées1990
1989-1990 : 2e
1990-1991 : 10e, relégué administrativement en Division2.
1991-1992 : champion de France de Division2.
1992-1993 :4e
1993-1994:4e
1994-1995 :7e
1995-1996 : 16e et finaliste de

la Coupe de l’UEFA face au Bayern Munich (0-2,1-3).
1996-1997 : 4e et finaliste de

la Coupe de

la Ligue face à Strasbourg (0-0, défaite aux tirs au but).
1997-1998 : 5e et finaliste de

la Coupe de

la Ligue face au Paris SG(2-2,défaite aux tirs au but).
1998-1999 :champion de France
1999-2000: 4e


Les grandes figures
Ramé,Huard,Dogon,Dugarry,
Zidane, Sénac,Deschamps,
Durand,Cantona,Lizarazu,Ba,
Guérit, Pavon,Grenet, Laslandes,
Witschge,Papin,Benarbia,
Wiltord,Micoud.


equipe annees 90

Les années 90.
La joie des Girondins de Gernot Rohr le soir de la victoire (3-0) face au voisin de Saint-Seurin en avril 1992 synonyme de remontée enD1;


feindouno

Pascal Feindouno offre, à la dernière minute, le titre de champion de France 1999 au Parc des Princes.



zidane

Sans oublier Zinedine Zidane qui a participé à l’épopée européenne de 1996


PHOTOS ARCHIVES SUDOUEST

3 décembre 2007 - Aucun commentaire
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Girondins : Les années 80

LESANNÉES 80. Patrick Battiston fut l’un des héros des Girondins multi-titrés. Pourtant, il était venu à Bordeaux sans enthousiasme, sans savoir qu’il finirait par s’attacher pour toujours au club et à sa région

Une vraie décennie dorée

battiston«Moi, je leur ai dit, aux Lacombe et autre Giresse, qu’il fallait que j’arrive pour que Bordeaux soit champion ! » Patrick Battiston, le malicieux, plaisante encore de cette coïncidence, qui le vit arriver en Gironde à la veille de la première saison triomphale de l’ère Claude Bez, en 1983-1984. Comme si les talents patiemment réunis depuis 1979 avaient eu besoin de son aisance, de sa solidité défensive pour s’épanouir totalement et constituer la plus redoutable armada de Division 1.

Et pourtant, le défenseur lorrain ne vint en Aquitaine qu’à contrecoeur, parce que la présence de

Trésor, Specht et Rohr semblait ne lui garantir qu’une place de latéral dont il ne voulait plus, pour s’être découvert à Saint-Etienne de vraies qualités de défenseur central.

« Je suis venu quand même mais au bout d’un mois et demi, je voulais repartir », témoigne-t-il. « Je ne me sentais pas vraiment bien, j’avais du mal à trouver mes marques. Mais Claude Bez m’a persuadé de rester. »

Specht le compère. Au fond, sa façon d’être, son élégance naturelle rimaient joliment et sans qu’il s’en aperçoive, avec les valeurs de la région. Se souvient-on aujourd’hui que l’homme est né à Amnéville ?

Il suffit que Marius Trésor se blesse pour que tout démarre. Aimé Jacquet pensa aussitôt à Battiston pour le remplacer. « Je me demandais si j’allais être à la hauteur », glisse-t-il. « Ce n’était pas évident de suppléer un tel personnage. Marius, c’était mon ange gardien. Quand j’ai débuté en équipe de France au poste d’arrière droit, il m’avait dit : tout ce qui est devant, c’est pour toi, tout ce qui est derrière, tu ne t’en occupes pas. Je suis donc resté à Bordeaux, mis à part deux ans pendant lesquels je suis parti à Monaco. »

Le Lorrain était alors associé à Léonard Specht, formant une impeccable charnière devant Dominique Dropsy. « Il jouait à gauche et moi à droite. À l’époque, il était le stoppeur, moi le libéro. Puis, nous avons évolué vers une défense à plat. Nous nous sommes très bien entendus, peut-être parce que nous venions tous les deux de l’est de la France. Pendant les matches, il nous arrivait même de parler en Allemand. »

Patrick Battiston vécut intensément la plus belle époque des Girondins de Bordeaux, qui doit beaucoup, selon lui, à l’ambiance qui régnait dans l’équipe. « Nous vivions bien ensemble, nous éprouvions beaucoup de respect les uns pour les autres, nous avions envie de travailler et de progresser ensemble, c’était l’une des clés de notre réussite », glisse-t-il. « Et puis, nous étions dirigés par Aimé Jacquet et Bernard Michelena : c’était vraiment le top. »

Des matches joués pendant les années 80, Patrick Battiston garde surtout le souvenir de celui qui offrit le premier titre de leur histoire aux Girondins, en mai 1984, comme les joueurs de 99 se souviennent du match du Parc des Princes. C’était à Rennes, face à la lanterne rouge, une rencontre qu’il importait absolument de remporter, pour devancer Monaco qui comptait le même nombre de points, mais une différence de buts moins favorable. « Nous sommes allés chercher la victoire. Même si Rennes était relégué, ce fut un match très tendu. Mais nous n’avons rien lâché. Je me souviens de l’arrivée à Mérignac. Il y avait une foule énorme à l’aérogare, sur les parkings. »

La référence Bilbao. L’autre événement qui reste très fortement ancré dans la mémoire du héros malheureux de Séville, fut un match européen. Mais, parce que l’élimination se trouvait au bout de la route, il ne s’agit pas du célèbre retour face à la Juve, en dépit du but qu’il marqua ce jour-là. Lui se souvient surtout de la double confrontation avec Bilbao, dirigé par Javier Clemente, au premier tour de la Coupe des

Clubs champions 1984-1985.

« Nous avions gagné 3-2 chez nous, face à une équipe de Bilbao championne d’Espagne. C’était insuffisant pour le match retour. J’avais commis une grosse bêtise, en laissant passer l’un des joueurs adverses sur l’un des buts. Mais ensuite j’avais marqué et fait marquer Bernard Lacombe. On ne donnait pas cher de notre peau au match retour. Mais nous sommes allés faire 0-0 au Pays basque en étant très solide. Ce fut un match fondateur. »

Quant à la victoire en finale de la Coupe de France en 1986 aux dépens de Marseille (2-1 a.p), citée par beaucoup de joueurs bordelais comme l’un des grands moments de leur carrière, lui ne la place pas au premier rang de ses meilleurs souvenirs, parce qu’elle est trop liée à un moment douloureux de sa vie. « Je venais de perdre mon père », explique-t-il. « Or il venait toujours au Parc des Princes avec son frère et mon frère. Ils étaient toujours trois. J’étais très perturbé par son absence et j’ai joué dans un état second car j’ai passé le match à le chercher dans les tribunes. »

Quand il partit à Monaco, les Girondins éprouvèrent un tel manque qu’ils voulurent le récupérer au bout d’un mois. Il resta deux ans en Principauté, avant de revenir s’installer définitivement dans une région où il avait fini par se sentir chez lui.


Légende de la photo : 1983-1984. Patrick Battiston avec Zénier, Audrain, Tigana et Trésor s’offrent un tour d’honneur après le titre de champion PHOTOARCHIVES SUDOUEST


: Thierry Vautrat



 

 

PatrickBattiston

Né le 12mars 1957

à Amnéville.

Taille 1,82m.

Matches de L1 558

(38 buts).

Sélections 56 (3 buts).

Clubs successifsMetz (1973

- 1980) ; Saint-Etienne (1980 -

1983) ; Bordeaux (1983 -

1987) ;Monaco (1987 - 1989) ;

Bordeaux (1989 - 1991).

Palmarès champion

de France deD1 (1981, 1984,

1985, 1987, 1988), Coupe de

France (1986, 1987) ;

champion d’Europe 1984.

Lesannées1980

1979-1980 : 6e

1980-1981 : 3e

1981-1982 : 4e

1982-1983 : 2e

1983-1984 : champion de France

1984-1985 : champion de France,demi-finale Coupe des clubs champions face à la Juventus

Turin (0-3, 2-0)

1985-1986 : 3e et vainqueur de La Coupe de France face à Marseille (2-1 a.p).

1986-1987 : champion de France, vainqueur de la Coupe de France face à Marseille (2-0);demi-finale de la Coupe des Coupes face à Leipzig (0-1, 1-0 défaite aux tirs au but).

1987-1988 : 2e

1988-1989 : 13e

1989-1990 : 2e

Les grandes figures

Dropsy, Thouvenel, Specht,

Tigana, Girard, Battiston, Trésor,

Rohr, Giresse, Chalana,

Tusseau, Lacombe, Zlatko et

Zoran Vujovic, Ferreri, Vercruysse,

Touré, D.Müller, Roche,

Fargeon…



giresse orchestre

 

Alain Giresse, ici en compagnie de René Girard, Léonard Specht et Gernot Rohr, était le parfait chef d’orchestre de la grande équipe des Girondins championne de France en 1984-1985, également demi-finaliste de la Coupe d’Europe des clubs champions cette saison-là.

 


girondins 80
la grande équipe des Girondins championne de France en 1984-1985, également demi-finaliste de la Coupe d’Europe des clubs champions cette saison-là.


jacquet

Aimé Jacquet et Bernard Michelena



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30 novembre 2007 - Aucun commentaire
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