Interview de Laurent Blanc
Laurent Blanc, entraîneur des Girondins de Bordeaux, interviewé jeudi 7 août 2008 par la rédaction sportive du journal “Sud Ouest”
Laurent Blanc, entraîneur des Girondins de Bordeaux, interviewé jeudi 7 août 2008 par la rédaction sportive du journal “Sud Ouest”
photos Thierry David
Reprise du championnat avec Bordeaux-Caen. Laurent Blanc, l’entraîneur des Girondins, est l’invité de la rédaction de “Sud Ouest”, le jeudi 7 août 2008. Il évoque son métier et ses ambitions pour la saison
retrouvez également une partie de l’interview en vidéo en cliquant ICI
Blanc et la réussite.
« Sud-Ouest ». Il y a un an, le jeune
entraîneur que vous étiez arrivait à Bordeaux dans l’inconnu. Un an plus tard,
c’est l’état de grâce. Vous attendiez-vous à pareille réussite ?
« Sud-Ouest ». La victoire contre Lyon lors du Trophée des
champions prouve-t-elle que vous pouvez devancer le champion de France ?
« Sud-Ouest ». Nourrissez-vous des envies d’ailleurs ?
« Sud-Ouest ». Comment le Méditerranéen que vous êtes
s’est-il adapté à la vie bordelaise ?
Les Girondins ont dévoilé sur leur site internet (girondins.com) les maillots de la saison 2008-2009. La tunique marine évolue, le scapulaire étant stylisé par un double chevron blanc. Elle reste sobre et élégante, tout comme la blanche, pour les matches à l’extérieur. En revanche, le textile prévu pour la coupe d’Europe change du tout au tout. Fini le noir, le kaki ou l’or, place au marine et rose ! Ce maillot est barré d’une large bande rose verticale, elle-même traversée par le scapulaire rose sur fond marine et marine sur la bande rose ! Voilà qui risque de heurter les supporters qui n’avaient déjà pas beaucoup apprécié l’ensemble or porté la saison dernière lors des sorties européennes!
On ne trouve pour l’instant que le maillot marine dans les boutiques des Girondins. On peut cependant commander les trois sur le site internet du club.
Que pensez-vous des nouveaux maillots, et en particulier du marine et rose? Postez vos réactions dans les commentaires!
t.vautrat@sudouest.com
Deuxième jour d’entraînement pour les Girondins ce matin, sous une chaleur plus lourde, plus intense que la veille. La séance débuta par un petit footing, suivi de quelques étirements. Puis, les joueurs s’affrontèrent en trois toros, avant d’entamer un travail de vitesse en deux ateliers. S’en suivit une petite opposition, pour travailler le jeu de passes.
A noter que tous les joueurs ont subi lundi, sous la vigilance de Laurent Labbé, le cardiologue du club, une écographie du cœur, ainsi qu’un électrocardiogramme. Le premier examen vise à déceler une éventuelle anomalie physiologique, le deuxième une anomalie de fonctionnement. Les deux recrues du club, Yoann Gourcuff et Yoan Gouffran, ainsi que Jussiê passent cet après-midi un test d’effort, au centre de rééducation du Château Lemoine, à Cénon. Test nécessaire pour connaître la limite quant à la fréquence et la dose des entraînements de ces joueurs, pour éviter le stress physiologique.
Les Girondins s’entraîneront encore ce soir au Haillan, puis demain matin, avant de prendre la route d’Anglet où les attend un programme de trois entraînements quotidiens !
GIRONDINS DE BORDEAUX. –Les Bordelais, pratiquement au complet, ont
repris l’entraînement hier, sous la chaleur d’un soleil estival, avec les deux
recrues en vedettes, Yoann Gourcuff et Yoan Gouffran
LES PHOTOS. Cliquez ici pour l’album du premier entraînement de la saison 2008-2009
Une
reprise d’entraînement, a fortiori sous la lumière éclatante d’un soleil
estival, est toujours un moment souriant. C’est une journée rare où les hommes
savourent le plaisir de se retrouver, c’est un instant riche de belles
promesses, face à l’avenir d’une saison aux échéances excitantes, inscrites sur
la blancheur de bilans encore vierges. Et quand, à l’horizon, se dessinent les
échéances de la Ligue des Champions, on goûte la fierté d’appartenir à un
cercle de privilégiés, en mesurant son envie d’en découdre au plus vite dans
les ambiances fiévreuses.
C’est donc
avec plaisir que les Girondins se sont réunis hier matin sous le soleil du
Haillan pour leur tout premier entraînement de la saison. Ils ont retrouvé un
Laurent Blanc, fidèle à ses méthodes, empreintes de fermeté et appuyées sur la
compétence de ses adjoints, Eric Bédouet, Dominique Dropsy, et Jean-Louis
Gasset.
Hormis
Marouane Chamakh qui ne rentrera que le 5 juillet et Fernando Cavenaghi le 15,
ils étaient tous là, 24 joueurs en marine, avides de transpirer dans la chaleur
du matin, dont les deux recrues de l’intersaison, Yoann Gourcuff et Yoan
Gouffran, ces deux hommes porteurs de tant d’espoirs. Pas un ne manquait. Il
est vrai que dans cette saison compétitive qui s’esquisse, la concurrence sera
vive aux Girondins et que dans ce contexte, il importe d’être à la fois
ponctuel et déterminé à réussir.
Les hommes
vécurent une reprise traditionnelle, avec un petit footing d’une vingtaine de
minutes, puis un travail de passes et de contrôle du ballon, suivi d’une petite
opposition. La séance de l’après-midi fut consacrée à de ludiques activités,
avec un jeu de balle à la main, suivi d’une opposition à onze contre douze, sur
un quart de terrain et quatre buts.
Un
groupe bonifié. Laurent Blanc, qui avait pris part au footing du matin, observa
tout cela l’air très détendu. Sans doute mesurait-il le chemin parcouru depuis
sa prise de fonction la saison dernière quand il n’avait pu diriger qu’un
groupe de 14 joueurs, enrichi de quelques membres de l’équipe réserve. Il
n’imaginait pas alors qu’il finirait deuxième du championnat derrière l’OL.
Aujourd’hui,
il se retrouve à la tête d’un groupe qu’il a façonné, à partir de la base que
lui avait léguée Ricardo. Un groupe renforcé et bonifié, qui porte en lui
l’évidence d’un vrai potentiel. Un groupe complémentaire et équilibré, aux
postes doublés, qui doit permettre à Bordeaux d’honorer son statut en
championnat de France et de proposer autre chose que de la simple figuration en
Ligue des Champions.
Pour
autant, au Haillan, on observe une certaine prudence sur le sujet des objectifs
du club. Ce n’est évidemment pas le genre de la maison de claironner que l’on
va jouer pour le titre de champion de France. Mais, compte tenu de la brillante
saison vécue sous la compétence de Laurent Blanc, compte tenu des espoirs que
suscite l’arrivée de Yoann Gourcuff et de Yoan Gouffran, les supporters
comprendraient mal de ne pas pouvoir en découdre pour l’une des trois premières
places de la L1.
Expérience
en plus.
« Je préfère parler d’ambition plutôt que d’objectifs », glissa Jean-Louis
Triaud au cours de la conférence de presse. Si l’on définit un objectif et que
l’on ne parvient pas à l’atteindre, on parlera d’échec. Il est évident que l’on
a très envie d’être champion. Mais? »
Reste la
Ligue des Champions où l’objectif sera de faire meilleure figure que lors de la
saison 2006-2007. « La dernière fois, nous avons été un peu timides. Il est
vrai que nous étions tombés contre des équipes très fortes », expose le
président. « Mais nous avions quand même marqué sept points. Cette fois,
l’équipe a pris de l’expérience, on peut penser qu’elle va jouer plus libérée.
Cela dit, nous figurerons de toute façon dans le troisième chapeau. Cela
signifie que nous affronterons au moins deux adversaires très forts. J’espère
que l’on saura prendre des points et surtout, que l’on jouera nos chances à
fond. »
Les Girondins
s’entraîneront deux fois au Haillan aujourd’hui, puis ils partiront à Anglet
pour un stage d’une dizaine de jours, stage conclu par le match amical contre
Ajaccio, le 11 juillet à Biscarrosse.
:Thierry Vautrat
PHOTO : Fabien Cottereau
t.vautrat@sudouest.com
Après quatre semaines de vacances, les Girondins ont repris l’entraînement ce lundi sous le soleil du Haillan, avec bonne humeur et entrain, sous l’autorité de leur entraîneur, Laurent Blanc, qui n’était pas le dernier à chambrer ! A l’exception de Chamakh et Cavenaghi, qui bénéficient de quelques jours de repos supplémentaires, pour avoir consacré le début de leurs vacances à leur sélection, tous étaient là. A croire que les avions qui viennent d’Amérique du Sud ne connaissent plus leurs problèmes de retard habituels! Le jeune Marocain rentrera le 5 juillet, l’Argentin le 15. L’événement du jour, c’était bien sûr la présence des deux recrues du club, Yoan Gourcuff et Yoann Gouffran. Le premier portera le numéro 20, le second a repris le numéro 7 de Johyan Micoud. A noter enfin, qu’au groupe pro s’étaient joint deux joueurs du groupe de CFA, Matthieu Saunier et Grégory Sertic.
La séance du matin fut consacrée à un footing, suivi d’un travail de passes, puis d’une petite opposition à 12 contre 12. Les Bordelais s’entraîneront encore ce mardi au Haillan, puis partiront mercredi pour un stage de dix jours à Anglet.
REPRISE. –Ulrich Ramé et ses camarades reprennent l’entraînement ce matin
à 10 heures au Haillan
Finies les vacances !
Reprise. Comme l’an dernier, les Girondins d’Alou Diarra affronteront l’Olympique de Marseille en match amical PHOTO ARCHIVES NICOLAS LE LIEVRE
C’est
l’heure de la reprise pour les Girondins, qui se présenteront à Laurent Blanc
leur entraîneur ce matin à 10 heures sur la plaine du Haillan. Finis donc le
farniente, les soirées barbecue et tous les plaisirs d’un bon mois de vacances.
Place aux rigueurs de l’entraînement sous la chaleur, pour tenter de retrouver
une forme de compétiteur et être prêt pour la reprise du championnat, le 9 août
face à Caen.
On imagine
que tous les joueurs seront heureux de se retrouver, à la veille d’une saison
qui leur réserve un programme excitant, avec une participation à la Ligue des
Champions. Eux nourriront sans doute l’envie de confirmer leur statut et leur
belle année sportive, pour fournir une opposition encore plus piquante au
septuple champion de France, l’Olympique Lyonnais.
Alors,
cette double séance de reprise (10 heures et 17 heures) offrira aux supporters
de découvrir sous les promesses du soleil de ce lundi les deux recrues de
l’intersaison, les deux « YGour2F », Yoann Gourcuff et Yoan Gouffran, qui
remplacent David Jemmali et Johan Micoud. Les deux hommes tiendront la vedette
dans cette première journée, qui permettra également de découvrir le visage des
nouveaux joueurs pros de l’effectif, à savoir Abdou Traoré, Floyd Ayité et
Cheikh Diabaté, ces élèves de Patrick Battiston, jugés aptes à évoluer chez les
grands. On ne verra pas, en revanche Wilfried Moimbe, le buteur de Panionios,
prêté à Reims.
Cinq
matches amicaux. Il ne devrait donc manquer que Fernando Cavenaghi et Marouane
Chamakh. À ces deux-là, retenus en sélection début juin pour quelques matches
éliminatoires du Mondial 2010, avec le Maroc et l’Argentin, le Cévenol a
accordé quelques jours de vacances supplémentaires. Mais tous les autres seront
là, si les habituels problèmes d’avion ne viennent pas perturber le retour des
Sud-Américains.
Les
Girondins travailleront pendant deux jours au Haillan, puis partiront en stage
à Anglet du 2 au 11 juillet, Laurent Blanc devant honorer le lendemain au Stade
de France le match de célébration du 10e anniversaire de la victoire en Coupe
du Monde.
Enfin,
comme il l’avait fait l’année dernière, l’entraîneur bordelais emmènera ses
hommes en Bretagne à Dinard, pour cinq jours de travail, du 28 juillet au 1er
août. Il sera alors temps de se frotter à l’Olympique Lyonnais à Chaban-Delmas,
pour le trophée des Champions. Une ultime répétition avant la reprise du
championnat, une semaine plus tard avec la visite de Caen. Entre-temps,
Bordeaux aura disputé cinq matches amicaux, face à des adversaires lui
permettant une intéressante montée en puissance, Ajaccio, Châteauroux,
Marseille, Toulouse et Rennes.
|
:Thierry Vautrat |
LES ANNÉES 2000. –Ulrich Ramé, le gardien girondin, a été champion de France et a gagné deux Coupes de la Ligue. en dix ans à Bordeaux, il a presque tout connu et ne regrette rien, pas même d’y être resté
Témoin d’une évolution
| :Julien Duby |

Les années 2000-07
1999-2000 : 4e
2000-01 : 4e
2001-02 : 6e, vainqueur
de la
Coupe de
2002-03 : 4e
2003-04 : 12e
2004-05 : 15e
2005-06 : 2e
2006-07 : 6e , vainqueur
de
Les grandes figures
Ramé (g); Jemmali,
Planus,
Afanou,Mavuba, Fernando,
Faubert,
Savio,Chamakh,Denilson,
Darcheville,
Pauleta.

Les années 2000.
LESANNÉES 90. Bixente Lizarazu a connu cette décennie où le club est passé par tous les états avec deux moments clefs : la descente en 2e Division et un parcours européen particulièrement brillant
Dimanche, Bixente Lizarazu sera bien loin de ce
2000ematch des Girondins enDivision1. Il est en effet parti à Hawaï cultiver sa
deuxièmepassion, le surf, à l’occasion d’un tournage pour Canal +. Il aura
quand même une petite pensée pour ce club qui est resté essentiel dans son
coeur. C’est là qu’il a débarqué à14ans en 1984. Les recruteurs girondins
avaient remarqué le grand potentiel de ce jeune joueur éduqué par les Eglantins
à Hendaye.
Le centre de formation
des Girondins allait finir de modeler le garçon qui faisait son entrée dans le
grand bain professionnel en novembre 1988. Plein de rêves et d’ambitions. Qui
vont se réaliser dans ces années 90, époustouflantes pour le Basque, mais qui
vont démarrer par une sévère désillusion.
Quand on demande à
Bixente le souvenir le plus marquant de ces années, c’est la descente en
deuxième division en 1991 qui vient en premier. « Cela a été pour moi un moment
difficile. Je commençais à peine ma carrière professionnelle et c’était dur à
accepter. D’autant que j’étais au bord de l’équipe de France. Quand on
t’annonce que tu vas jouer en D2, le plan de carrière est sérieusement mis en
difficulté. Après avoir goûté au caviar
on doit se contenter du ragoût. »
Mais ce qui a gravé dans
sa mémoire ces mois interminables avant la remontée, c’est l’esprit qui a animé
cette formation de relégués.
«Quasiment tout le monde
est resté, insiste Bixente. On a été très solidaires et on s’est battu pied à
pied. Voilà pourquoi ce moment est fort pour moi. »
Dans son palmarès qui
est un des plus extraordinaires du football français (en club ou en équipe de
France, il a tout gagné)
figure le titre de champion de 2e Division en 1992. « J’y tiens,
insiste Bixente. Ce titre a une autre valeur que le prestige. Cela paraît
peut-être ridicule mais pas pour moi. Nous avons vécu une aventure humaine très
forte. Mentalement il fallait être là et nous y étions. Avec le recul, j’en
ressens beaucoup de fierté. »
«Un truc de fou ». Après les bas, les hauts
dans les souvenirs du Basque. Et cette année 1996, débutée en Coupe Intertoto
et terminée en finale de
Sur le plan sportif, ce
n’était pas mal non plus, car on n’avait pas des peintres en face, c’était le
vrai Milan, au top de son art. » Quant à la finale contre le Bayern de Munich«
elle ne m’a pas laissé un immense souvenir » dit-il en précisant : «C’était mon
dernier match avec Bordeaux et je suis sorti prématurément sur une civière ».
Un match qui a pourtant
fait basculer Bixente vers l’autre club de sa vie. «Cela ne s’est pas fait de
suite et c’est habituel à Munich, mais je sais que c’est depuis ce match qu’ils
m’ont suivi » confie-t-il.
Liza le fidèle. Son bref passage à
Bilbao et ses piges express à Marseille ne l’intéressent pas. « Je ne connais
que deux clubs : Bordeaux (12 ans) et le Bayern (9 ans). J’en ajouterai un
troisième : l’équipe de France ».
Un attachement qui
plonge profond dans les racines si l’on en croit cette anecdote qui a aussi
marqué les années 90. «Un jour, raconte Liza, ils ont voulu nous faire jouer en
bordeaux pour rappeler le vin. Ça m’a gonflé. Cela n’a pas duré longtemps,
c’était ridicule. Les Girondins, c’est marine et blanc avec le scapulaire, il y
a des emblèmes qu’on ne laisse pas tomber. Imagine-t-on les Blacks autrement
qu’en noir avec la fougère ? Ils ont joué une fois en gris,mais cela ne leur a
pas porté bonheur…»
Malgré ces multiples
activités, Bixente suit de loin les Girondins dont il reste un fervent
supporteur. Il garde aussi des contacts privilégiés avec quelques anciens comme
Pierrot Labat, Jean-Luc Dogon ou Patrick Battiston. Au fait, le 5-0 de Caen, ça
lui a fait mal ? «Cela fait partie de la vie d’un footballeur, dit-il. Un jour
sans. J’apprécie beaucoup Laurent Blanc et je sais que l’équipe rebondira. » Au
fait Caen est la première équipe qu’il a rencontrée en tant que professionnel le
12novembre 1988. Et les Girondins avaient perdu 3-0…
BixenteLizarazu
Né le 9 décembre 1969
à Saint-Jean-de-Luz
Taille :
Matches de L1 : 260
(22 buts)
Sélections : 97 (2 buts)
Clubs successifs : Bordeaux
(1988-96), Bilbao (1996-97),
BayernMunich (1997-2004),
Marseille (2004-janvier 2005),
BayernMunich (2005-06).
Palmarès : Champion du
monde 1998; vainqueur de la
Coupe des Confédérations
2001, 2003; champion
d’Europe 2000; vainqueur de



LESANNÉES 80. Patrick
Battiston fut l’un des héros des Girondins multi-titrés. Pourtant, il était venu
à Bordeaux sans enthousiasme, sans savoir qu’il finirait par s’attacher pour
toujours au club et à sa région
Une
vraie décennie dorée
«Moi, je leur ai dit, aux Lacombe et autre
Giresse, qu’il fallait que j’arrive pour que Bordeaux soit champion ! » Patrick
Battiston, le malicieux, plaisante encore de cette coïncidence, qui le vit
arriver en Gironde à la veille de la première saison triomphale de l’ère Claude
Bez, en 1983-1984. Comme si les talents patiemment réunis depuis 1979 avaient
eu besoin de son aisance, de sa solidité défensive pour s’épanouir totalement
et constituer la plus redoutable armada de Division 1.
Et pourtant, le
défenseur lorrain ne vint en Aquitaine qu’à contrecoeur, parce que la présence
de
Trésor, Specht et Rohr
semblait ne lui garantir qu’une place de latéral dont il ne voulait plus, pour s’être
découvert à Saint-Etienne de vraies qualités de défenseur central.
« Je suis venu quand
même mais au bout d’un mois et demi, je voulais repartir », témoigne-t-il. « Je
ne me sentais pas vraiment bien, j’avais du mal à trouver mes marques. Mais
Claude Bez m’a persuadé de rester. »
Specht le compère. Au fond, sa façon d’être,
son élégance naturelle rimaient joliment et sans qu’il s’en aperçoive, avec les
valeurs de la région. Se souvient-on aujourd’hui que l’homme est né à Amnéville
?
Il suffit que Marius
Trésor se blesse pour que tout démarre. Aimé Jacquet pensa aussitôt à Battiston
pour le remplacer. « Je me demandais si j’allais être à la hauteur », glisse-t-il.
« Ce n’était pas évident de suppléer un tel personnage. Marius, c’était mon
ange gardien. Quand j’ai débuté en équipe de France au poste d’arrière droit, il
m’avait dit : tout ce qui est devant, c’est pour toi, tout ce qui est derrière,
tu ne t’en occupes pas. Je suis donc resté à Bordeaux, mis à part deux ans pendant
lesquels je suis parti à Monaco. »
Le Lorrain était alors
associé à Léonard Specht, formant une impeccable charnière devant Dominique
Dropsy. « Il jouait à gauche et moi à droite. À l’époque, il était le stoppeur,
moi le libéro. Puis, nous avons évolué vers une défense à plat. Nous nous
sommes très bien entendus, peut-être parce que nous venions tous les deux de l’est
de
Patrick Battiston vécut
intensément la plus belle époque des Girondins de Bordeaux, qui doit beaucoup,
selon lui, à l’ambiance qui régnait dans l’équipe. « Nous vivions bien
ensemble, nous éprouvions beaucoup de respect les uns pour les autres, nous avions
envie de travailler et de progresser ensemble, c’était l’une des clés de notre
réussite », glisse-t-il. « Et puis, nous étions dirigés par Aimé Jacquet et
Bernard Michelena : c’était vraiment le top. »
Des matches joués
pendant les années 80, Patrick Battiston garde surtout le souvenir de celui qui
offrit le premier titre de leur histoire aux Girondins, en mai 1984, comme les
joueurs de 99 se souviennent du match du Parc des Princes. C’était à Rennes,
face à la lanterne rouge, une rencontre qu’il importait absolument de remporter,
pour devancer Monaco qui comptait le même nombre de points, mais une différence
de buts moins favorable. « Nous sommes allés chercher la victoire. Même si
Rennes était relégué, ce fut un match très tendu. Mais nous n’avons rien lâché.
Je me souviens de l’arrivée à Mérignac. Il y avait une foule énorme à l’aérogare,
sur les parkings. »
La référence Bilbao. L’autre événement qui
reste très fortement ancré dans la mémoire du héros malheureux de Séville, fut un
match européen. Mais, parce que l’élimination se trouvait au bout de la route,
il ne s’agit pas du célèbre retour face à
Clubs champions
1984-1985.
« Nous avions gagné 3-2
chez nous, face à une équipe de Bilbao championne d’Espagne. C’était insuffisant
pour le match retour. J’avais commis une grosse bêtise, en laissant passer l’un
des joueurs adverses sur l’un des buts. Mais ensuite j’avais marqué et fait marquer
Bernard Lacombe. On ne donnait pas cher de notre peau au match retour. Mais
nous sommes allés faire 0-0 au Pays basque en étant très solide. Ce fut un match
fondateur. »
Quant à la victoire en
finale de
Quand il partit à Monaco, les Girondins éprouvèrent un tel manque qu’ils voulurent le récupérer au bout d’un mois. Il resta deux ans en Principauté, avant de revenir s’installer définitivement dans une région où il avait fini par se sentir chez lui.
: Thierry Vautrat
PatrickBattiston
Né le 12mars 1957
à Amnéville.
Taille 1,82m.
Matches de L1 558
(38 buts).
Sélections 56 (3 buts).
Clubs successifsMetz (1973
- 1980) ; Saint-Etienne (1980 -
1983) ; Bordeaux (1983 -
1987) ;Monaco (1987 - 1989) ;
Bordeaux (1989 - 1991).
Palmarès champion
de France deD1 (1981, 1984,
1985, 1987, 1988), Coupe de
France (1986, 1987) ;
champion d’Europe 1984.
Lesannées1980
1979-1980 : 6e
1980-1981 : 3e
1981-1982 : 4e
1982-1983 : 2e
1983-1984 : champion de France
1984-1985 : champion de France,demi-finale
Coupe des clubs champions face à
Turin (0-3, 2-0)
1985-1986 : 3e et
vainqueur de
1986-1987 : champion de France,
vainqueur de
1987-1988 : 2e
1988-1989 : 13e
1989-1990 : 2e
Les
grandes figures
Dropsy, Thouvenel,
Specht,
Tigana, Girard,
Battiston, Trésor,
Rohr, Giresse, Chalana,
Tusseau, Lacombe, Zlatko
et
Zoran Vujovic, Ferreri,
Vercruysse,
Touré, D.Müller, Roche,
Fargeon…
Alain Giresse, ici en compagnie de René Girard, Léonard Specht et Gernot
Rohr, était le parfait chef d’orchestre de la grande équipe des Girondins
championne de France en 1984-1985, également demi-finaliste de

la grande équipe des Girondins
championne de France en 1984-1985, également demi-finaliste de
Aimé Jacquet et Bernard Michelena
Les photos sur ce blog ne peuvent être utilisées sans l’autorisation de “Sud Ouest”. Merci.