Girondins : Les années 50
ANNEES 50. Un
titre de champion de France, deux finales de Coupe de France, cette décennie a
inscrit de belles pages de la longue histoire
du club bordelais. Jean Swiatek en fut un des piliers
« De petites vedettes »
PHOTO LAURENT THEILLET
: Fabien Pont
La
passion ne l’a jamais quitté. Prononcer le mot football et les yeux bleus de
Jean Swiatek pétillent. À 86 ans, l’ancien défenseur international des
Girondins de Bordeaux, fréquente toujours le stade de ses exploits. Ses
infidélités sont rares et seulement hivernales. « Je n’aime pas le froid »
dit-il presque en s’excusant. Pendant dix ans, Jean Swiatek fut la tour de
contrôle de la défense bordelaise. Pendant plus longtemps encore, son nom fut
indissociable de celui de son ami René Gallice, autre joueur Girondin, disparu
aujourd’hui, et avec lequel il fonda un grand magasin de sports.
«
Malgré les blessures, il fallait parfois jouer »
Pulsion. Jean Swiatek est
désormais un des derniers témoins vivants de cette époque. Les sollicitations
dont il est l’objet l’étonnent et l’amusent : « Je suis très surpris par tous
les journalistes qui viennent me voir comme si c’était pour recueillir mes
dernières paroles » plaisante-il.
Bien sûr le
temps a versé de la brume sur les souvenirs. Il n’a pu effacer cependant toute
la mémoire d’une carrière aussi exceptionnelle. « Tenez je vais vous raconter
une anecdote. Pas sur le titre de 1950 car, cette année-là, on avait beaucoup
de points d’avance. Non, c’était deux ans plus tard. On recevait Nice à
Bordeaux. Sur un corner, j’ai eu comme une pulsion. Lorsque j’ai vu le ballon
en l’air, je l’ai éloigné de la main. C’était un geste, comment vous dire,
irrésistible. Oui c’est cela. Eh bien, je peux le dire maintenant, on a perdu
le match sur ce penalty et le titre. »Jean Swiatek aurait pu tout aussi bien
raconter à quel point il fut l’un des piliers d’un onze qui remplissait le
stade que l’on appelait alors municipal. Il fut même longtemps le capitaine
d’une formation qui fut à deux doigts de remporter
En
deuxième classe. « Lorsque je regarde les joueurs d’aujourd’hui, je les trouve
extraordinaires. Ils savent tout faire techniquement. Ce sont des artistes.
Nous, nous n’étions que des petites vedettes. Bien sûr les temps ont changé. On
se déplaçait en train et en deuxième classe. Moi j’avais réussi à dénicher un
hamac et, au retour des matches, je l’accrochais aux porte-bagages pour mieux
dormir. On s’entraînait deux fois par semaine, le mardi et le jeudi. Nous
avions un médecin, un garçon fort charmant au demeurant, mais malgré les
blessures, il fallait parfois jouer. Une année, à Alger, contre l’America de
Rio, on m’a fait une piqûre de novocaïne pour soigner mon entorse. Quand je
vois aujourd’hui certains joueurs se rouler par terre en hurlant dès qu’ils ont
pris un petit coup, j’ai du mal à comprendre. ».
Jean
Swiatek se souvient d’un déplacement à Sochaux en 1953. « J’avais une petite
entorse du genou et j’ai dit à l’entraîneur, Gérard que je n’étais pas certain
de pouvoir jouer mais que je déciderais sur place. Au fond de moi-même, je ne
sentais pas ce déplacement. Je pensais que nous allions perdre ou en tout cas
ne pas faire un bon résultat. Du coup, l’entraîneur ne m’a pas retenu dans le
groupe et a titularisé Grimonpont. L’équipe a gagné. Et je n’ai plus rejoué ».
Jean Swiatek
Né le 11
décembre 1921
A Dusnik (Pologne)
Taille : 1,83m;
Poids :
Poste :Demi-centre
Clubs successifs : Blénod,
Bordeaux (1943-53)
Palmarès : Champion
de
France 1950, finaliste de la
Coupe de France 1952;
International A (5
sélections).
Les années 1950-60
1949-1950 : Champion
1950-51 : 6e deD1
1951-52 : 2e
1952-53 : 3e
1953-54 : 3e
1954-55 : 6e
1955-56 : 17e, relégué enD2
1956-57 :D2
1957-58 :D2
1958-59 : D2, promu en D1
1959-60 : 20e , relégué en D2
Les
grands joueurs :
Deporter (g);Gallice,Garriga,
De Kubber, Kargu, Libar,
M’Barek,Meynieu, Swiatek,
DeHarder.
Camille Libar avec Roland guillas
Accroupis : Persillon, Planté, Urtiz, Troisième, Mauvillain. Debout : Domergue, Arnaudeau, Paternotte, Deporter, Normand et swiatek
Les Girondins à leur retour de la Coupe latine, en 1950











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