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du Journal SUD OUEST

Girondins 2008-2009
Dans les coulisses du club bordelais avec la rédaction sportive de “Sud Ouest”

Girondins : Les années 50

ANNEES 50. Un titre de champion de France, deux finales de Coupe de France, cette décennie a inscrit de belles pages de la longue histoire du club bordelais. Jean Swiatek en fut un des piliers

« De petites vedettes »

swiatek

PHOTO LAURENT THEILLET



: Fabien Pont


La passion ne l’a jamais quitté. Prononcer le mot football et les yeux bleus de Jean Swiatek pétillent. À 86 ans, l’ancien défenseur international des Girondins de Bordeaux, fréquente toujours le stade de ses exploits. Ses infidélités sont rares et seulement hivernales. « Je n’aime pas le froid » dit-il presque en s’excusant. Pendant dix ans, Jean Swiatek fut la tour de contrôle de la défense bordelaise. Pendant plus longtemps encore, son nom fut indissociable de celui de son ami René Gallice, autre joueur Girondin, disparu aujourd’hui, et avec lequel il fonda un grand magasin de sports.

« Malgré les blessures, il fallait parfois jouer »



Pulsion. Jean Swiatek est désormais un des derniers témoins vivants de cette époque. Les sollicitations dont il est l’objet l’étonnent et l’amusent : « Je suis très surpris par tous les journalistes qui viennent me voir comme si c’était pour recueillir mes dernières paroles » plaisante-il.
Bien sûr le temps a versé de la brume sur les souvenirs. Il n’a pu effacer cependant toute la mémoire d’une carrière aussi exceptionnelle. « Tenez je vais vous raconter une anecdote. Pas sur le titre de 1950 car, cette année-là, on avait beaucoup de points d’avance. Non, c’était deux ans plus tard. On recevait Nice à Bordeaux. Sur un corner, j’ai eu comme une pulsion. Lorsque j’ai vu le ballon en l’air, je l’ai éloigné de la main. C’était un geste, comment vous dire, irrésistible. Oui c’est cela. Eh bien, je peux le dire maintenant, on a perdu le match sur ce penalty et le titre. »Jean Swiatek aurait pu tout aussi bien raconter à quel point il fut l’un des piliers d’un onze qui remplissait le stade que l’on appelait alors municipal. Il fut même longtemps le capitaine d’une formation qui fut à deux doigts de remporter la Coupe Latine. « Nous rencontrions en finale Benfica à Lisbonne. À deux minutes de la fin, nous menions deux à un. Moi sur le terrain, je gueulais et je disais à mes partenaires de dégager fortement. On a pris un but à la fin. On a dû rejouer la rencontre et on l’a perdu. Eh bien vous savez à quoi je pensais à quelques minutes de la fin du temps réglementaire. Je me disais « par où vais-je passer pour aller chercher la coupe ? ».


En deuxième classe. « Lorsque je regarde les joueurs d’aujourd’hui, je les trouve extraordinaires. Ils savent tout faire techniquement. Ce sont des artistes. Nous, nous n’étions que des petites vedettes. Bien sûr les temps ont changé. On se déplaçait en train et en deuxième classe. Moi j’avais réussi à dénicher un hamac et, au retour des matches, je l’accrochais aux porte-bagages pour mieux dormir. On s’entraînait deux fois par semaine, le mardi et le jeudi. Nous avions un médecin, un garçon fort charmant au demeurant, mais malgré les blessures, il fallait parfois jouer. Une année, à Alger, contre l’America de Rio, on m’a fait une piqûre de novocaïne pour soigner mon entorse. Quand je vois aujourd’hui certains joueurs se rouler par terre en hurlant dès qu’ils ont pris un petit coup, j’ai du mal à comprendre. ».
Jean Swiatek se souvient d’un déplacement à Sochaux en 1953. « J’avais une petite entorse du genou et j’ai dit à l’entraîneur, Gérard que je n’étais pas certain de pouvoir jouer mais que je déciderais sur place. Au fond de moi-même, je ne sentais pas ce déplacement. Je pensais que nous allions perdre ou en tout cas ne pas faire un bon résultat. Du coup, l’entraîneur ne m’a pas retenu dans le groupe et a titularisé Grimonpont. L’équipe a gagné. Et je n’ai plus rejoué ».


Jean Swiatek

Né le 11 décembre 1921

A Dusnik (Pologne)

Taille : 1,83m; Poids : 80 kg

Poste :Demi-centre

Clubs successifs : Blénod,

Bordeaux (1943-53)

Palmarès : Champion de

France 1950, finaliste de la

Coupe de France 1952;

International A (5 sélections).


Les années 1950-60

1949-1950 : Champion

1950-51 : 6e deD1

1951-52 : 2e

1952-53 : 3e

1953-54 : 3e

1954-55 : 6e

1955-56 : 17e, relégué enD2

1956-57 :D2

1957-58 :D2

1958-59 : D2, promu en D1

1959-60 : 20e , relégué en D2

Les grands joueurs :

Deporter (g);Gallice,Garriga,

De Kubber, Kargu, Libar,

M’Barek,Meynieu, Swiatek,

DeHarder.

 

libar guillas

Camille Libar avec Roland guillas

 

equipe swiatek

Accroupis : Persillon, Planté, Urtiz, Troisième, Mauvillain. Debout : Domergue, Arnaudeau, Paternotte, Deporter, Normand et swiatek

 

 

girondins coupe latine

Les Girondins à leur retour de la Coupe latine, en 1950

 

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