Girondins : Les années 80
LESANNÉES 80. Patrick
Battiston fut l’un des héros des Girondins multi-titrés. Pourtant, il était venu
à Bordeaux sans enthousiasme, sans savoir qu’il finirait par s’attacher pour
toujours au club et à sa région
Une
vraie décennie dorée
«Moi, je leur ai dit, aux Lacombe et autre
Giresse, qu’il fallait que j’arrive pour que Bordeaux soit champion ! » Patrick
Battiston, le malicieux, plaisante encore de cette coïncidence, qui le vit
arriver en Gironde à la veille de la première saison triomphale de l’ère Claude
Bez, en 1983-1984. Comme si les talents patiemment réunis depuis 1979 avaient
eu besoin de son aisance, de sa solidité défensive pour s’épanouir totalement
et constituer la plus redoutable armada de Division 1.
Et pourtant, le
défenseur lorrain ne vint en Aquitaine qu’à contrecoeur, parce que la présence
de
Trésor, Specht et Rohr
semblait ne lui garantir qu’une place de latéral dont il ne voulait plus, pour s’être
découvert à Saint-Etienne de vraies qualités de défenseur central.
« Je suis venu quand
même mais au bout d’un mois et demi, je voulais repartir », témoigne-t-il. « Je
ne me sentais pas vraiment bien, j’avais du mal à trouver mes marques. Mais
Claude Bez m’a persuadé de rester. »
Specht le compère. Au fond, sa façon d’être,
son élégance naturelle rimaient joliment et sans qu’il s’en aperçoive, avec les
valeurs de la région. Se souvient-on aujourd’hui que l’homme est né à Amnéville
?
Il suffit que Marius
Trésor se blesse pour que tout démarre. Aimé Jacquet pensa aussitôt à Battiston
pour le remplacer. « Je me demandais si j’allais être à la hauteur », glisse-t-il.
« Ce n’était pas évident de suppléer un tel personnage. Marius, c’était mon
ange gardien. Quand j’ai débuté en équipe de France au poste d’arrière droit, il
m’avait dit : tout ce qui est devant, c’est pour toi, tout ce qui est derrière,
tu ne t’en occupes pas. Je suis donc resté à Bordeaux, mis à part deux ans pendant
lesquels je suis parti à Monaco. »
Le Lorrain était alors
associé à Léonard Specht, formant une impeccable charnière devant Dominique
Dropsy. « Il jouait à gauche et moi à droite. À l’époque, il était le stoppeur,
moi le libéro. Puis, nous avons évolué vers une défense à plat. Nous nous
sommes très bien entendus, peut-être parce que nous venions tous les deux de l’est
de
Patrick Battiston vécut
intensément la plus belle époque des Girondins de Bordeaux, qui doit beaucoup,
selon lui, à l’ambiance qui régnait dans l’équipe. « Nous vivions bien
ensemble, nous éprouvions beaucoup de respect les uns pour les autres, nous avions
envie de travailler et de progresser ensemble, c’était l’une des clés de notre
réussite », glisse-t-il. « Et puis, nous étions dirigés par Aimé Jacquet et
Bernard Michelena : c’était vraiment le top. »
Des matches joués
pendant les années 80, Patrick Battiston garde surtout le souvenir de celui qui
offrit le premier titre de leur histoire aux Girondins, en mai 1984, comme les
joueurs de 99 se souviennent du match du Parc des Princes. C’était à Rennes,
face à la lanterne rouge, une rencontre qu’il importait absolument de remporter,
pour devancer Monaco qui comptait le même nombre de points, mais une différence
de buts moins favorable. « Nous sommes allés chercher la victoire. Même si
Rennes était relégué, ce fut un match très tendu. Mais nous n’avons rien lâché.
Je me souviens de l’arrivée à Mérignac. Il y avait une foule énorme à l’aérogare,
sur les parkings. »
La référence Bilbao. L’autre événement qui
reste très fortement ancré dans la mémoire du héros malheureux de Séville, fut un
match européen. Mais, parce que l’élimination se trouvait au bout de la route,
il ne s’agit pas du célèbre retour face à
Clubs champions
1984-1985.
« Nous avions gagné 3-2
chez nous, face à une équipe de Bilbao championne d’Espagne. C’était insuffisant
pour le match retour. J’avais commis une grosse bêtise, en laissant passer l’un
des joueurs adverses sur l’un des buts. Mais ensuite j’avais marqué et fait marquer
Bernard Lacombe. On ne donnait pas cher de notre peau au match retour. Mais
nous sommes allés faire 0-0 au Pays basque en étant très solide. Ce fut un match
fondateur. »
Quant à la victoire en
finale de
Quand il partit à Monaco, les Girondins éprouvèrent un tel manque qu’ils voulurent le récupérer au bout d’un mois. Il resta deux ans en Principauté, avant de revenir s’installer définitivement dans une région où il avait fini par se sentir chez lui.
: Thierry Vautrat
PatrickBattiston
Né le 12mars 1957
à Amnéville.
Taille 1,82m.
Matches de L1 558
(38 buts).
Sélections 56 (3 buts).
Clubs successifsMetz (1973
- 1980) ; Saint-Etienne (1980 -
1983) ; Bordeaux (1983 -
1987) ;Monaco (1987 - 1989) ;
Bordeaux (1989 - 1991).
Palmarès champion
de France deD1 (1981, 1984,
1985, 1987, 1988), Coupe de
France (1986, 1987) ;
champion d’Europe 1984.
Lesannées1980
1979-1980 : 6e
1980-1981 : 3e
1981-1982 : 4e
1982-1983 : 2e
1983-1984 : champion de France
1984-1985 : champion de France,demi-finale
Coupe des clubs champions face à
Turin (0-3, 2-0)
1985-1986 : 3e et
vainqueur de
1986-1987 : champion de France,
vainqueur de
1987-1988 : 2e
1988-1989 : 13e
1989-1990 : 2e
Les
grandes figures
Dropsy, Thouvenel,
Specht,
Tigana, Girard,
Battiston, Trésor,
Rohr, Giresse, Chalana,
Tusseau, Lacombe, Zlatko
et
Zoran Vujovic, Ferreri,
Vercruysse,
Touré, D.Müller, Roche,
Fargeon…
Alain Giresse, ici en compagnie de René Girard, Léonard Specht et Gernot
Rohr, était le parfait chef d’orchestre de la grande équipe des Girondins
championne de France en 1984-1985, également demi-finaliste de

la grande équipe des Girondins
championne de France en 1984-1985, également demi-finaliste de
Aimé Jacquet et Bernard Michelena
Les photos sur ce blog ne peuvent être utilisées sans l’autorisation de “Sud Ouest”. Merci.








Laisser un commentaire