Interview de Laurent Blanc
Laurent Blanc, entraîneur des Girondins de Bordeaux, interviewé jeudi 7 août 2008 par la rédaction sportive du journal “Sud Ouest”
Laurent Blanc, entraîneur des Girondins de Bordeaux, interviewé jeudi 7 août 2008 par la rédaction sportive du journal “Sud Ouest”
photos Thierry David
Reprise du championnat avec Bordeaux-Caen. Laurent Blanc, l’entraîneur des Girondins, est l’invité de la rédaction de “Sud Ouest”, le jeudi 7 août 2008. Il évoque son métier et ses ambitions pour la saison
retrouvez également une partie de l’interview en vidéo en cliquant ICI
Blanc et la réussite.
« Sud-Ouest ». Il y a un an, le jeune
entraîneur que vous étiez arrivait à Bordeaux dans l’inconnu. Un an plus tard,
c’est l’état de grâce. Vous attendiez-vous à pareille réussite ?
« Sud-Ouest ». La victoire contre Lyon lors du Trophée des
champions prouve-t-elle que vous pouvez devancer le champion de France ?
« Sud-Ouest ». Nourrissez-vous des envies d’ailleurs ?
« Sud-Ouest ». Comment le Méditerranéen que vous êtes
s’est-il adapté à la vie bordelaise ?
LES ANNÉES 2000. –Ulrich Ramé, le gardien girondin, a été champion de France et a gagné deux Coupes de la Ligue. en dix ans à Bordeaux, il a presque tout connu et ne regrette rien, pas même d’y être resté
Témoin d’une évolution
| :Julien Duby |

Les années 2000-07
1999-2000 : 4e
2000-01 : 4e
2001-02 : 6e, vainqueur
de la
Coupe de
2002-03 : 4e
2003-04 : 12e
2004-05 : 15e
2005-06 : 2e
2006-07 : 6e , vainqueur
de
Les grandes figures
Ramé (g); Jemmali,
Planus,
Afanou,Mavuba, Fernando,
Faubert,
Savio,Chamakh,Denilson,
Darcheville,
Pauleta.

Les années 2000.
LESANNÉES 90. Bixente Lizarazu a connu cette décennie où le club est passé par tous les états avec deux moments clefs : la descente en 2e Division et un parcours européen particulièrement brillant
Dimanche, Bixente Lizarazu sera bien loin de ce
2000ematch des Girondins enDivision1. Il est en effet parti à Hawaï cultiver sa
deuxièmepassion, le surf, à l’occasion d’un tournage pour Canal +. Il aura
quand même une petite pensée pour ce club qui est resté essentiel dans son
coeur. C’est là qu’il a débarqué à14ans en 1984. Les recruteurs girondins
avaient remarqué le grand potentiel de ce jeune joueur éduqué par les Eglantins
à Hendaye.
Le centre de formation
des Girondins allait finir de modeler le garçon qui faisait son entrée dans le
grand bain professionnel en novembre 1988. Plein de rêves et d’ambitions. Qui
vont se réaliser dans ces années 90, époustouflantes pour le Basque, mais qui
vont démarrer par une sévère désillusion.
Quand on demande à
Bixente le souvenir le plus marquant de ces années, c’est la descente en
deuxième division en 1991 qui vient en premier. « Cela a été pour moi un moment
difficile. Je commençais à peine ma carrière professionnelle et c’était dur à
accepter. D’autant que j’étais au bord de l’équipe de France. Quand on
t’annonce que tu vas jouer en D2, le plan de carrière est sérieusement mis en
difficulté. Après avoir goûté au caviar
on doit se contenter du ragoût. »
Mais ce qui a gravé dans
sa mémoire ces mois interminables avant la remontée, c’est l’esprit qui a animé
cette formation de relégués.
«Quasiment tout le monde
est resté, insiste Bixente. On a été très solidaires et on s’est battu pied à
pied. Voilà pourquoi ce moment est fort pour moi. »
Dans son palmarès qui
est un des plus extraordinaires du football français (en club ou en équipe de
France, il a tout gagné)
figure le titre de champion de 2e Division en 1992. « J’y tiens,
insiste Bixente. Ce titre a une autre valeur que le prestige. Cela paraît
peut-être ridicule mais pas pour moi. Nous avons vécu une aventure humaine très
forte. Mentalement il fallait être là et nous y étions. Avec le recul, j’en
ressens beaucoup de fierté. »
«Un truc de fou ». Après les bas, les hauts
dans les souvenirs du Basque. Et cette année 1996, débutée en Coupe Intertoto
et terminée en finale de
Sur le plan sportif, ce
n’était pas mal non plus, car on n’avait pas des peintres en face, c’était le
vrai Milan, au top de son art. » Quant à la finale contre le Bayern de Munich«
elle ne m’a pas laissé un immense souvenir » dit-il en précisant : «C’était mon
dernier match avec Bordeaux et je suis sorti prématurément sur une civière ».
Un match qui a pourtant
fait basculer Bixente vers l’autre club de sa vie. «Cela ne s’est pas fait de
suite et c’est habituel à Munich, mais je sais que c’est depuis ce match qu’ils
m’ont suivi » confie-t-il.
Liza le fidèle. Son bref passage à
Bilbao et ses piges express à Marseille ne l’intéressent pas. « Je ne connais
que deux clubs : Bordeaux (12 ans) et le Bayern (9 ans). J’en ajouterai un
troisième : l’équipe de France ».
Un attachement qui
plonge profond dans les racines si l’on en croit cette anecdote qui a aussi
marqué les années 90. «Un jour, raconte Liza, ils ont voulu nous faire jouer en
bordeaux pour rappeler le vin. Ça m’a gonflé. Cela n’a pas duré longtemps,
c’était ridicule. Les Girondins, c’est marine et blanc avec le scapulaire, il y
a des emblèmes qu’on ne laisse pas tomber. Imagine-t-on les Blacks autrement
qu’en noir avec la fougère ? Ils ont joué une fois en gris,mais cela ne leur a
pas porté bonheur…»
Malgré ces multiples
activités, Bixente suit de loin les Girondins dont il reste un fervent
supporteur. Il garde aussi des contacts privilégiés avec quelques anciens comme
Pierrot Labat, Jean-Luc Dogon ou Patrick Battiston. Au fait, le 5-0 de Caen, ça
lui a fait mal ? «Cela fait partie de la vie d’un footballeur, dit-il. Un jour
sans. J’apprécie beaucoup Laurent Blanc et je sais que l’équipe rebondira. » Au
fait Caen est la première équipe qu’il a rencontrée en tant que professionnel le
12novembre 1988. Et les Girondins avaient perdu 3-0…
BixenteLizarazu
Né le 9 décembre 1969
à Saint-Jean-de-Luz
Taille :
Matches de L1 : 260
(22 buts)
Sélections : 97 (2 buts)
Clubs successifs : Bordeaux
(1988-96), Bilbao (1996-97),
BayernMunich (1997-2004),
Marseille (2004-janvier 2005),
BayernMunich (2005-06).
Palmarès : Champion du
monde 1998; vainqueur de la
Coupe des Confédérations
2001, 2003; champion
d’Europe 2000; vainqueur de



LESANNÉES 80. Patrick
Battiston fut l’un des héros des Girondins multi-titrés. Pourtant, il était venu
à Bordeaux sans enthousiasme, sans savoir qu’il finirait par s’attacher pour
toujours au club et à sa région
Une
vraie décennie dorée
«Moi, je leur ai dit, aux Lacombe et autre
Giresse, qu’il fallait que j’arrive pour que Bordeaux soit champion ! » Patrick
Battiston, le malicieux, plaisante encore de cette coïncidence, qui le vit
arriver en Gironde à la veille de la première saison triomphale de l’ère Claude
Bez, en 1983-1984. Comme si les talents patiemment réunis depuis 1979 avaient
eu besoin de son aisance, de sa solidité défensive pour s’épanouir totalement
et constituer la plus redoutable armada de Division 1.
Et pourtant, le
défenseur lorrain ne vint en Aquitaine qu’à contrecoeur, parce que la présence
de
Trésor, Specht et Rohr
semblait ne lui garantir qu’une place de latéral dont il ne voulait plus, pour s’être
découvert à Saint-Etienne de vraies qualités de défenseur central.
« Je suis venu quand
même mais au bout d’un mois et demi, je voulais repartir », témoigne-t-il. « Je
ne me sentais pas vraiment bien, j’avais du mal à trouver mes marques. Mais
Claude Bez m’a persuadé de rester. »
Specht le compère. Au fond, sa façon d’être,
son élégance naturelle rimaient joliment et sans qu’il s’en aperçoive, avec les
valeurs de la région. Se souvient-on aujourd’hui que l’homme est né à Amnéville
?
Il suffit que Marius
Trésor se blesse pour que tout démarre. Aimé Jacquet pensa aussitôt à Battiston
pour le remplacer. « Je me demandais si j’allais être à la hauteur », glisse-t-il.
« Ce n’était pas évident de suppléer un tel personnage. Marius, c’était mon
ange gardien. Quand j’ai débuté en équipe de France au poste d’arrière droit, il
m’avait dit : tout ce qui est devant, c’est pour toi, tout ce qui est derrière,
tu ne t’en occupes pas. Je suis donc resté à Bordeaux, mis à part deux ans pendant
lesquels je suis parti à Monaco. »
Le Lorrain était alors
associé à Léonard Specht, formant une impeccable charnière devant Dominique
Dropsy. « Il jouait à gauche et moi à droite. À l’époque, il était le stoppeur,
moi le libéro. Puis, nous avons évolué vers une défense à plat. Nous nous
sommes très bien entendus, peut-être parce que nous venions tous les deux de l’est
de
Patrick Battiston vécut
intensément la plus belle époque des Girondins de Bordeaux, qui doit beaucoup,
selon lui, à l’ambiance qui régnait dans l’équipe. « Nous vivions bien
ensemble, nous éprouvions beaucoup de respect les uns pour les autres, nous avions
envie de travailler et de progresser ensemble, c’était l’une des clés de notre
réussite », glisse-t-il. « Et puis, nous étions dirigés par Aimé Jacquet et
Bernard Michelena : c’était vraiment le top. »
Des matches joués
pendant les années 80, Patrick Battiston garde surtout le souvenir de celui qui
offrit le premier titre de leur histoire aux Girondins, en mai 1984, comme les
joueurs de 99 se souviennent du match du Parc des Princes. C’était à Rennes,
face à la lanterne rouge, une rencontre qu’il importait absolument de remporter,
pour devancer Monaco qui comptait le même nombre de points, mais une différence
de buts moins favorable. « Nous sommes allés chercher la victoire. Même si
Rennes était relégué, ce fut un match très tendu. Mais nous n’avons rien lâché.
Je me souviens de l’arrivée à Mérignac. Il y avait une foule énorme à l’aérogare,
sur les parkings. »
La référence Bilbao. L’autre événement qui
reste très fortement ancré dans la mémoire du héros malheureux de Séville, fut un
match européen. Mais, parce que l’élimination se trouvait au bout de la route,
il ne s’agit pas du célèbre retour face à
Clubs champions
1984-1985.
« Nous avions gagné 3-2
chez nous, face à une équipe de Bilbao championne d’Espagne. C’était insuffisant
pour le match retour. J’avais commis une grosse bêtise, en laissant passer l’un
des joueurs adverses sur l’un des buts. Mais ensuite j’avais marqué et fait marquer
Bernard Lacombe. On ne donnait pas cher de notre peau au match retour. Mais
nous sommes allés faire 0-0 au Pays basque en étant très solide. Ce fut un match
fondateur. »
Quant à la victoire en
finale de
Quand il partit à Monaco, les Girondins éprouvèrent un tel manque qu’ils voulurent le récupérer au bout d’un mois. Il resta deux ans en Principauté, avant de revenir s’installer définitivement dans une région où il avait fini par se sentir chez lui.
: Thierry Vautrat
PatrickBattiston
Né le 12mars 1957
à Amnéville.
Taille 1,82m.
Matches de L1 558
(38 buts).
Sélections 56 (3 buts).
Clubs successifsMetz (1973
- 1980) ; Saint-Etienne (1980 -
1983) ; Bordeaux (1983 -
1987) ;Monaco (1987 - 1989) ;
Bordeaux (1989 - 1991).
Palmarès champion
de France deD1 (1981, 1984,
1985, 1987, 1988), Coupe de
France (1986, 1987) ;
champion d’Europe 1984.
Lesannées1980
1979-1980 : 6e
1980-1981 : 3e
1981-1982 : 4e
1982-1983 : 2e
1983-1984 : champion de France
1984-1985 : champion de France,demi-finale
Coupe des clubs champions face à
Turin (0-3, 2-0)
1985-1986 : 3e et
vainqueur de
1986-1987 : champion de France,
vainqueur de
1987-1988 : 2e
1988-1989 : 13e
1989-1990 : 2e
Les
grandes figures
Dropsy, Thouvenel,
Specht,
Tigana, Girard,
Battiston, Trésor,
Rohr, Giresse, Chalana,
Tusseau, Lacombe, Zlatko
et
Zoran Vujovic, Ferreri,
Vercruysse,
Touré, D.Müller, Roche,
Fargeon…
Alain Giresse, ici en compagnie de René Girard, Léonard Specht et Gernot
Rohr, était le parfait chef d’orchestre de la grande équipe des Girondins
championne de France en 1984-1985, également demi-finaliste de

la grande équipe des Girondins
championne de France en 1984-1985, également demi-finaliste de
Aimé Jacquet et Bernard Michelena
Les photos sur ce blog ne peuvent être utilisées sans l’autorisation de “Sud Ouest”. Merci.
LES ANNÉES 70. –L’enfant de Langoiran personnifie le club des
Girondins, pour en avoir porté les couleurs pendant trois décennies. Il se
souvient de ce qui fut la plus belle période de sa vie
Giresse, le symbole
|
:Thierry Vautrat |
L’
Histoire retiendra que le petit magicien aux audacieuses cavalcades débuta son
parcours à Bordeaux chez les pupilles, dans les années 60, pour connaître son
apogée sportif avec le faste des années 80 sous la présidence de Claude Bez,
avec deux titres de champion de France et une Coupe de France. Il disputa son
premier match professionnel en 1970 et fut, dans ces années d’anonymat et de
flirt dangereux avec la relégation, l’élément moteur _et à ce titre décisif_ d’un
club auquel il parvint année après année à maintenir la tête hors de l’eau.
Le
rendez-vous de Sainte-Germaine. De cette relation si forte, le temps n’est pas
parvenu à altérer la force, tout au plus à rendre un peu diffus le contour de
certains détails. Mais Alain Giresse se souvient encore très bien de tous les
buts qu’il a marqués sous le maillot au scapulaire, 159, qui font de lui le
meilleur buteur de l’histoire du club. Il se souvient aussi de ce premier match
officiel joué en pupilles, à Sainte-Germaine, un beau jour de 1964. « Nous
avions rendez-vous à la barrière du Médoc », glisse-t-il. « Ma mère m’avait
amené mais nous ne savions même pas où c’était? Nous avons demandé à une
fleuriste. Nous avions gagné 17-0 et j’avais marqué mon premier but bordelais.
»
Il n’était
pas peu fier, le petit Giresse, ce jour-là, de rencontrer ces instants de
gloire éphémère dont il avait tant rêvé quand, gamin esseulé à une époque où
les équipes de poussins n’existaient pas dans les villages, il trouvait son
plaisir à l’entraînement, avec des joueurs de deux à quatre ans plus âgés que
lui. De match officiel, il n’était pas question et ne restait, pour continuer à
s’accrocher à ses envies, que l’espoir de franchir le cap de la journée de
détection, dont son papa avait appris l’existence dans les pages de « Sud Ouest
». À 12 ans, il possédait déjà les bases de ces qualités techniques qui lui
offrirent plus tard une carrière internationale. « On jouait des bouts de
matches », se souvient-il. « À la fin de la matinée à Roquevielle, on m’a
demandé de poser pour les photos? Cela voulait dire que l’on me gardait.
J’étais juste heureux, content de pouvoir enfin jouer en club. »
En route
pour Nîmes. Ce jour-là démarra une belle histoire qui, bien appuyée sur son
aisance balle au pied, se plut à brûler les étapes, pour l’amener à vivre sa
première titularisation professionnelle, à 17 ans à peine, dans un match
capital à Nîmes, le 17 octobre 1970. Les Girondins venaient de perdre 4-1 à
domicile contre Strasbourg et se traînaient à la dernière place. « Au lendemain
de cette défaite, André Gérard, l’entraîneur de l’équipe première, est venu
assister au match de
C’était un
premier pas timide mais essentiel dans le renouveau d’une équipe qui, avec son
junior promu meneur de jeu, parvint à remonter peu à peu dans le classement,
pour finir en trombe et accrocher la 5e place du championnat, avec quelques
exploits à la clé, comme cette victoire à Saint-Etienne, fringant leader de
Dans ces
années-là, Bordeaux se contentait de classements anonymes, aux alentours de la
15e place. Alain Giresse faisait ses matches et connut sa première sélection en
1974 avec Stephan Kovac. Il garde de cette époque le souvenir de moments rares,
quand le professionnalisme confinait encore à l’amateurisme. « Parfois, en
arrivant dans les villes, on cherchait un hôtel, parce que rien n’avait été
réservé pour nous. Tout cela m’a permis de bénéficier d’un superbe
apprentissage. Ma carrière est allée crescendo et tous les joueurs qui
évoluaient à mes côtés, les Jean-Claude Dubouil, Gérard Papin ou Christian
Montès, furent des guides pour moi. »
Des guides
pour une carrière qui alla crescendo et s’épanouit avec l’arrivée de Claude Bez
à l’orée des années 80. On le sait, il participa aux glorieuses conquêtes des
Girondins, dont il fut leur maître à jouer, leur patron, tout au long de ces
années fastueuses quand toute une équipe ne se demandait pas si elle allait
gagner son match mais sur quel score elle allait le gagner. Il est donc logique
que ses matches marquants datent de cette époque, comme ce Bordeaux-Lyon de
1981 qui permit à Bordeaux de retrouver l’UEFA et surtout cette dernière
rencontre de la saison 83-84 à Rennes, qu’il fallait obligatoirement remporter
pour être champion, ce qui fut fait et bien fait.
Alain Giresse
Né le 2 août 1952
à Langoiran.
Taille 1,63m.
Poste Milieu de terrain.
Clubs successifs 1970- 1986 :
Bordeaux 519matches (159
buts)
1986- 1988 :Marseille 67
matches (5 buts).
Sélections 47 (6 buts (30
victoires, 10 nuls, 7 défaites)
Palmarès Champion de
France en 1984 et 1985, Coupe
de France 1986, vainqueur de
l’Euro 1984, 2e du Ballon d’or
1982.
Lesannées1970-80
1969-1970: 6e
1970-1971 : 5e
1971-72 : 12e
1972-73 : 14e
1974-75 : 12e
1975-76 : 10e
1976-77 : 10e
1977-78 : 16e
1978-79 : 10e
1979-1980: 6e
Grandes figures
Camus, Couécou,
Jeandupeux,
Goubet, Furlan, Buigues,
Bergeroo, Trésor, Le Blayo,
Ferratge,
Giresse,
Lattuada, Tokoto
Marius Trésor, alors recordman des sélections en équipe de France arrivé en 1978, ici avec Claude Bez
Le Suisse Daniel jeandupeux
Dominique Bergeroo
Dimanche 2 décembre, contre Toulouse , les Girondins de Bordeaux ont joué leur 2000e match en Première division.
Chaque jour, dans la semaine précédant cet événement, « Sud Ouest » vous a proposé de revivre ce parcours exceptionnel dans l’élite du football français, décennie après décennie, de 1950 aux années 2000.
Chaque jour, un acteur de cette épopée a apporté son témoignage en faisant revivre l’aventure de son club.
Pour accéder aux articles, cliquez sur les photos dans la colonne de gauche ou ci-dessous.
Les années 90 avec Bixente Lizarazu
Les années 80 avec Patrick Battiston
Les années 70 avec Alain Giresse
Les années 60 avec Roland Guillas
Les années 50 avec Jean Swiatek
Les photos illustrant ce blog ne peuvent être utilisées sans l’autorisation de “Sud Ouest”. Merci.
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ANNEES 50. Un
titre de champion de France, deux finales de Coupe de France, cette décennie a
inscrit de belles pages de la longue histoire
du club bordelais. Jean Swiatek en fut un des piliers
« De petites vedettes »
PHOTO LAURENT THEILLET
: Fabien Pont
La
passion ne l’a jamais quitté. Prononcer le mot football et les yeux bleus de
Jean Swiatek pétillent. À 86 ans, l’ancien défenseur international des
Girondins de Bordeaux, fréquente toujours le stade de ses exploits. Ses
infidélités sont rares et seulement hivernales. « Je n’aime pas le froid »
dit-il presque en s’excusant. Pendant dix ans, Jean Swiatek fut la tour de
contrôle de la défense bordelaise. Pendant plus longtemps encore, son nom fut
indissociable de celui de son ami René Gallice, autre joueur Girondin, disparu
aujourd’hui, et avec lequel il fonda un grand magasin de sports.
«
Malgré les blessures, il fallait parfois jouer »
Pulsion. Jean Swiatek est
désormais un des derniers témoins vivants de cette époque. Les sollicitations
dont il est l’objet l’étonnent et l’amusent : « Je suis très surpris par tous
les journalistes qui viennent me voir comme si c’était pour recueillir mes
dernières paroles » plaisante-il.
Bien sûr le
temps a versé de la brume sur les souvenirs. Il n’a pu effacer cependant toute
la mémoire d’une carrière aussi exceptionnelle. « Tenez je vais vous raconter
une anecdote. Pas sur le titre de 1950 car, cette année-là, on avait beaucoup
de points d’avance. Non, c’était deux ans plus tard. On recevait Nice à
Bordeaux. Sur un corner, j’ai eu comme une pulsion. Lorsque j’ai vu le ballon
en l’air, je l’ai éloigné de la main. C’était un geste, comment vous dire,
irrésistible. Oui c’est cela. Eh bien, je peux le dire maintenant, on a perdu
le match sur ce penalty et le titre. »Jean Swiatek aurait pu tout aussi bien
raconter à quel point il fut l’un des piliers d’un onze qui remplissait le
stade que l’on appelait alors municipal. Il fut même longtemps le capitaine
d’une formation qui fut à deux doigts de remporter
En
deuxième classe. « Lorsque je regarde les joueurs d’aujourd’hui, je les trouve
extraordinaires. Ils savent tout faire techniquement. Ce sont des artistes.
Nous, nous n’étions que des petites vedettes. Bien sûr les temps ont changé. On
se déplaçait en train et en deuxième classe. Moi j’avais réussi à dénicher un
hamac et, au retour des matches, je l’accrochais aux porte-bagages pour mieux
dormir. On s’entraînait deux fois par semaine, le mardi et le jeudi. Nous
avions un médecin, un garçon fort charmant au demeurant, mais malgré les
blessures, il fallait parfois jouer. Une année, à Alger, contre l’America de
Rio, on m’a fait une piqûre de novocaïne pour soigner mon entorse. Quand je
vois aujourd’hui certains joueurs se rouler par terre en hurlant dès qu’ils ont
pris un petit coup, j’ai du mal à comprendre. ».
Jean
Swiatek se souvient d’un déplacement à Sochaux en 1953. « J’avais une petite
entorse du genou et j’ai dit à l’entraîneur, Gérard que je n’étais pas certain
de pouvoir jouer mais que je déciderais sur place. Au fond de moi-même, je ne
sentais pas ce déplacement. Je pensais que nous allions perdre ou en tout cas
ne pas faire un bon résultat. Du coup, l’entraîneur ne m’a pas retenu dans le
groupe et a titularisé Grimonpont. L’équipe a gagné. Et je n’ai plus rejoué ».
Jean Swiatek
Né le 11
décembre 1921
A Dusnik (Pologne)
Taille : 1,83m;
Poids :
Poste :Demi-centre
Clubs successifs : Blénod,
Bordeaux (1943-53)
Palmarès : Champion
de
France 1950, finaliste de la
Coupe de France 1952;
International A (5
sélections).
Les années 1950-60
1949-1950 : Champion
1950-51 : 6e deD1
1951-52 : 2e
1952-53 : 3e
1953-54 : 3e
1954-55 : 6e
1955-56 : 17e, relégué enD2
1956-57 :D2
1957-58 :D2
1958-59 : D2, promu en D1
1959-60 : 20e , relégué en D2
Les
grands joueurs :
Deporter (g);Gallice,Garriga,
De Kubber, Kargu, Libar,
M’Barek,Meynieu, Swiatek,
DeHarder.
Camille Libar avec Roland guillas
Accroupis : Persillon, Planté, Urtiz, Troisième, Mauvillain. Debout : Domergue, Arnaudeau, Paternotte, Deporter, Normand et swiatek
Les Girondins à leur retour de la Coupe latine, en 1950